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Un juré exclu au procès du policier accusé d'agression sexuelle

Photo d'archives Jean-François Desgagnés

Le jury au procès du policier Maxime Lehoux, accusé d’agression sexuelle à l’égard d’une collègue, est passé de douze à dix puisque l’un des membres a été exclu «parce qu’il a mené sa propre enquête» et l’autre s’est dit «incapable d’être impartiale».  

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En toute fin de journée, jeudi, le juré numéro 13 s’est manifesté au juge Raymond W. Pronovost pour lui faire savoir qu’il ne pouvait plus être impartial et que son expérience personnelle nuisait, selon lui, au processus judiciaire.  

«Lors de la sélection du jury, quand vous m’avez demandé si j’allais pouvoir être impartial, j’ai eu une crainte. J’ai pensé que j’étais plus fort que ma crainte et que j’allais être capable de la combattre, mais ça ne fonctionne pas», a-t-il fait savoir au président du Tribunal.  

Ce dernier, après avoir consulté les avocats, a donc décidé de permettre à l’homme de quitter les délibérations qui ont débuté mardi matin.  

Propre enquête 

En début de journée, une autre note avait été transmise au magistrat pour lui faire savoir que le juré numéro 5 avait fait des démarches, en cours de procès, pour savoir l’heure exacte du lever du soleil au matin du 16 décembre 2016, date alléguée de l’agression. 

Au procès, la preuve a révélé que l’agression sexuelle aurait été commise «entre 5h et 8h du matin», mais les deux acteurs principaux de l’affaire, à savoir Lehoux et la plaignante, ont mentionné «que le jour commençait à se lever».  

Or, on sait également que la plaignante a soufflé dans un appareil de détection approuvé «entre 8 et 9h» et que ce dernier a révélé un taux d’alcool dans le sang de 75mg par 100 ml de sang.  

Les experts ont donc estimé que le taux d’alcool de la dame devait se situer, au moment des faits allégués, entre 90 et 116mg par 100 ml de sang. 

Serment d’office 

En vérifiant l’heure exacte du lever du soleil, ce qui n’a pas été mis en preuve par aucune des parties, pour tenter d’estimer le taux d’alcoolémie le plus juste, le jury a enfreint son serment d’office.  

«Le serment que vous avez fait, dicte que vous ne devez vous fier que sur la preuve ce que vous n’avez pas fait puisque vous avez mené votre propre enquête», a semoncé le juge au juré amené devant lui.  

C’est donc en accord avec la poursuivante Me Ann Marie Prince et l’avocat de la défense, Me Charles Levasseur que ce juré a été exclu. Le jury est maintenant composé de cinq hommes et de cinq femmes.