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Une adoption coûteuse en raison d’un manque de ressources à la DPJ

Le manque de ressources à la direction de la protection de la jeunesse (DPJ) a de lourdes conséquences financières pour une famille de l’Estrie.

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En novembre dernier, elle a accepté d’accueillir l’enfant d’un membre de la famille proche. Les deux parents biologiques avaient été déclarés inaptes à s’en occuper et la DPJ devait lui trouver une famille d’accueil.

Comme l’enfant n’avait que quelques semaines lorsqu’il a intégré la famille, la mère a dû prendre un congé sans solde de son emploi.

«Présentement on doit vivre à crédit puisqu’il y a seulement mon conjoint. On n’a pas le droit à aucune prestation sauf une allocation fédérale en attendant d’être accrédité.»

Cette allocation fédérale est d’un peu plus de 27 $ par jour.

Ça fait près de 6 mois que la famille attend d’être accrédité comme famille d’accueil de proximité. Ce n’est qu’à ce moment qu’elle pourra recevoir l’allocation à laquelle a droit l’enfant.

Une situation illogique selon la famille. «J’ai l’impression qu’on n’a pas les mêmes droits que n’importe laquelle des familles qui ont un enfant biologique. On a un super bon régime parental au Québec et j’ai l’impression que parce que c’est un enfant de la DPJ, on n’a rien de comparable.»

Plusieurs familles dans la même situation

Le syndicat des familles d’accueil est au fait de cette problématique puisque de nombreuses familles au Québec sont dans cette situation. Diane Thomas est présidente de l’Association démocratique des ressources à l’enfance du Québec, ADREQ-CSD.

«Moi ce que je vois présentement ce sont des familles complètes qui s’endettent, qui sont en manque, qui sont en souffrance parce qu’elles manquent d’argent pour donner à l’enfant tout ce dont il a besoin.»

L’ADREQ-CSD demande d’ailleurs à Québec de combler ce qu’il considère être « une faille » dans le système.

«Il y a une urgence d’accréditation, mais il faut que ce soit fait comme il faut et ça, je peux le comprendre. Mais s’il payait au moins les frais pour les enfants, ce serait très aidant pour les postulants famille d’accueil.»

Au bureau du ministre Lionel Carmant, on réitère l’intention de mener une vaste réforme de la Loi sur la protection de la jeunesse, une loi vieille de 40 ans.

Par courriel, on dit être déjà au travail et des réflexions ont lieu, entre autres sur le sujet des familles d’accueil. Toutes les pistes de solutions sont étudiées et des discussions se feront avec différents partenaires.