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Au moins 5 cas et 2 hospitalisations liés à la manifestation au Stade olympique

GEN-Manifestation "Québec Debout" au stade Olympique

Photos Agence QMI, Mario Beauregard et Didier Debusschère

Deux semaines après la manifestation contre les mesures sanitaires du 1er mai, la Santé publique de Chaudière-Appalaches est en mesure de confirmer au moins cinq cas et deux hospitalisations qui lui sont liés. «Ça, c’est ce qu’on sait», souligne la Dre Liliana Romero, qui déplore le manque de collaboration dans ce dossier.

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La directrice régionale de santé publique ne se fait pas d’idées ; ses équipes d’enquête ne savent pas tout.

«Les enquêtes, ça dépend de ce que les gens veulent nous dire et de la fiabilité de leurs dires», insiste la Dre Romero.

Des sources ont affirmé au Journal que l’impact de la manifestation contre les mesures sanitaires «se faisait sentir» à l’Hôtel-Dieu de Lévis. De son côté, la Santé publique confirme que les deux autobus contenant chacun «une vingtaine de personnes» ont causé «au moins cinq cas» et deux hospitalisations. 

Est-ce qu’on a pu en laisser échapper vu le manque de collaboration? 

«Les gens sont parfois plus frileux à nous donner l'information. Il faut travailler plus fort. Il faut faire plus d'appels pour savoir toutes les personnes avec qui elles ont été en contact»,indique Julie Lambert, directrice adjointe à la Santé publique

La Santé publique affirme avoir vu les retombées de son appel au dépistage, lancé le vendredi suivant la manifestation. 

«On a vu une grande demande dans nos centres la fin de semaine dernière et une augmentation des consultations. On a trouvé là-dedans des cas et des contacts», explique la médecin de santé publique, rappelant toutefois qu’il est impossible de lier le tout à la virée à Montréal si les gens ne se mettent pas à table.

«En enquêtant sur un événement comme la manifestation, on s’attendait à ça», confie la Dre Romero à propos des militants anti-mesures sanitaires.

Portrait de la région  

Globalement, la région a pris du mieux au cours des derniers jours. Toutefois, l’embellie est beaucoup plus lente dans certains secteurs, comme dans Beauce-Sartigan. Selon les données de l’INSPQ, la MRC de Beauce présente un taux de 509,5 cas actifs par 100 000 habitants, ce qui la place au 4e rang des secteurs les plus touchés de la province par habitant.

«La bonne nouvelle, c’est que le taux de positivité descend dans nos tests. On a commencé la semaine à 6 % et on la termine à 3,8 %. Mais c’est encore trop tôt pour voir un effet sur les hospitalisations», explique la directrice régionale.

La Santé publique tient aussi à l’œil les secteurs de Montmagny et de L’Islet, où la proximité avec le Bas-Saint-Laurent, notamment le secteur des Basques, laisse des traces. Dans les deux derniers jours, on y a remarqué une hausse importante des cas, selon la Dre Romero. 

«Ils sont très proches et il y a beaucoup de mouvements entre ces secteurs, que ce soit pour le travail ou l’école. On va garder un œil», indique Liliana Romero.

Dans les dernières semaines, plusieurs mesures ont été mises en place pour améliorer la situation, notamment l'ajout d'un site de dépistage du côté de Saint-Georges, qui a déjà donné de bons résultats. 

Il y a également des centres de vaccination, comme celui ici de Sainte-Marie, qui seront déménagés dans les prochains jours pour augmenter le nombre de doses administrées chaque semaine.

«La réponse a été un peu moins bonne, surtout quand on avait l'AstraZeneca, c'est là qu'on avait vu une baisse. Je vous dirais que les inscriptions sont au rendez-vous. Les gens prennent leur rendez-vous et vont se faire vacciner», note Marie-Ève Tanguay, directrice de la vaccination.

D'ailleurs, la région compte un taux de personne vaccinés très similaire à la moyenne provinciale, même si certaines MRC tirent légèrement de l'arrière, notamment celle de Lotbinière.

«Si on est capable de rapprocher le lieu de vaccination des gens, clairement, ils vont pouvoir plus facilement accéder à la vaccination», croit Julie Lambert.

Mais la situation reste préoccupante dans les entreprises où on compte 97 éclosions en milieu de travail.  

«En général la collaboration est excellente. Parfois, la difficulté c'est les impacts en lien avec l'éclosion en tant que telle. La difficulté à pouvoir maintenir la production», mentionne Mme Lambert.

De l'accompagnement sera ainsi offert aux entrepreneurs pour faciliter l'application stricte des mesures sanitaires.


Au bilan de vendredi, la région de Chaudière-Appalaches comptait 84 nouveaux cas en plus de trois décès supplémentaires. 33 personnes demeurent hospitalisées dans la région, dont 7 aux soins intensifs.

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