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Enquête publique Joyce Echaquan: sa fille présente une nouvelle vidéo

La fille de Joyce Echaquan a repris la parole et présenté une nouvelle vidéo lors de la deuxième journée des audiences publiques du coroner au palais de justice de Trois-Rivières, vendredi, confiant notamment qu’elle avait des regrets de ne pas avoir détaché elle-même sa mère.

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La fille de la victime, Marie Wasianna Echaquan Dubé, a tenu à reprendre la parole pour préciser certains éléments du témoignage qu’elle avait livré la veille, une demande qui a été exceptionnellement acceptée par la coroner Géhane Kamel.

Témoin important de l’enquête, elle était au chevet de sa mère le jour de son décès et a vu le personnel soignant prendre ses signes vitaux.

Maria Wasianna Echaquan Dubé est notamment venue présenter une vidéo qu’elle a filmée à l’hôpital de Joliette et qui a fait fondre en larmes la famille de la défunte lors de son visionnement au palais de justice de Trois-Rivières.

Une ordonnance de non-publication empêche toutefois de divulguer le contenu et les propos de cette vidéo.

La fille de la défunte a aussi confié qu’elle regrettait de ne pas avoir détaché elle-même sa mère et qu’elle avait l’impression que son âme était encore à l’hôpital de Joliette.

Le frère de Joyce Echaquan, Stéphane, a quant à lui affirmé que la jeune femme se sentait «dénigrée» et qu’elle avait l’impression de ne pas recevoir les mêmes soins que tout le monde.

Il a ajouté que ça avait été «inhumain» pour lui de voir un membre de sa famille «attaché comme un animal».

M. Echaquan a précisé que sa sœur était déjà morte quand il s’est présenté au centre hospitalier de Joliette le 28 septembre 2020.

Il a indiqué avoir pris des photos des ecchymoses, car il trouvait qu’elle en avait beaucoup partout aux poignets, bras et genoux.

La belle-sœur de Joyce Echaquan, Jemima Dubé, a, elle, soutenu que personne ne voulait l’aider quand elle est arrivée à l’hôpital.

«C’est comme si j’étais invisible», a-t-elle lancé.

Beaucoup de monde pour soutenir la famille 

Les proches de Joyce Echaquan peuvent compter sur le soutien de membres de plusieurs communautés.

«Il y a plein de gens qui ont vécu des pertes dans le système de santé. Cette tragédie va peut-être amener des changements pour bien du monde», a expliqué l’ancienne présidente de l’Association des femmes autochtones du Canada, Michèle Audette.

«On est rendu à une croisée où notre voix est forte. On a des gens qu’on a jamais entendu avant (...) Les recommandations ne sont pas juste pour la communauté atikamekw. Elles sont pour vous et moi, pour l’ensemble de la société et de systèmes dans lesquels on trouve mal notre place.»

Le personnel du centre hospitalier témoignera la semaine prochaine à l’enquête publique présidée par la coroner Géhane Kamel.