/finance/consumer

La folie animalière peut vous rapporter très gros en Bourse

dog

Illustration Adobe Stock

Un grand investisseur américain du nom de Peter Lynch disait trouver ses idées de placement en regardant autour de lui. Ce que je vois en abondance depuis quelque temps, ç’a quatre pattes et du poil.

Dans la ruelle derrière chez moi, j’ai constaté l’arrivée de trois nouveaux voisins : un labrador chocolat, un terre-neuve et un shiba inu (l’effigie du Dogecoin, la cryptomonnaie qui fait jaser ces temps-ci). Je ne vous parle pas des chats, j’ai perdu le compte, mais je me suis pris d’affection pour un petit rouquin. 

Près de 20 % des propriétaires d’animaux au Canada ne l’étaient pas avant la pandémie, c’est énorme. Je ne vous l’apprends pas, les éleveurs ne fournissent plus. Cette passion pour les bêtes s’est emparée de tous les pays riches. Juste l’année dernière, les Américains ont dépensé plus de 100 milliards $ US (environ 121 milliards $ CA) en produits et services pour leurs compagnons. D’ici 2027, on estime que le marché mondial des soins pour animaux dépassera 350 milliards $ US (environ 425 milliards $ CA). Y a-t-il un os ? 

Meilleur que le Nasdaq 

Des investisseurs ont déjà flairé l’affaire. De tous les secteurs qui ont profité de la pandémie, celui qui dessert les animaux de compagnie est celui qui a connu la meilleure performance en Bourse, plus que le secteur technologique. 

Une des coqueluches de l’industrie s’appelle Chewy (qui s’échange à la Bourse de New York sous le symbole CHWY), une entreprise américaine qui produit de la nourriture pour animaux.

Inscrite en Bourse en 2019, la société a vu son action augmenter plus vite que celle d’Amazon au cours de la dernière année. Son titre a bondi de 77 % au cours des 12 derniers mois, plus du double du géant du commerce en ligne dont l’action a gagné 36 % durant la même période.

Le producteur de nourriture occu-pe près de 10 % du fonds négocié en Bourse (FNB) FactSet Pet Care Index, qui couvre le secteur des soins et des produits pour animaux. Outre Chewy, le fonds contient des actions d’entreprises spécialisées comme Zoetis (pharmaceutique vétérinaire) et Freshpet (nourriture pour chien). Il détient aussi des parts dans des sociétés plus connues, comme la pharmaceutique Merk, le géant agroalimentaire Netslé ou le conglomérat Colgate-Palmolive, tous actifs sur le marché animalier.

Le fonds (dont le symbole PAWZ) s’est apprécié de 75 % depuis un an, contre 48 % pour l’indice Nasdaq. 

Trop tard pour investir ? 

La question maintenant : est-ce que ça peut durer suffisamment longtemps pour qu’un investisseur puisse espérer faire un peu d’argent ? 

L’ennui encore ici, c’est qu’il est hasardeux d’interpréter le marché boursier actuel, encore plus de baser ses décisions d’investissement sur des performances passées.

Les analystes sont déchirés quant au potentiel offert par ce secteur. L’engouement actuel pour les animaux de compagnie survivra-t-il à la pandémie, quand les gens retourneront au bureau et se remettront à voyager ? Voilà la question.

Même en étant optimiste, ce n’est pas le genre de produit financier dans lequel investir des sommes importantes. Car, faut-il le rappeler, le fonds PAWZ couvre un secteur de niche (sans jeu de mots).

Le fonds PAWZ en bref  

  • Il contient moins d’une trentaine d’entreprises réparties dans des secteurs comme la pharmaceutique, la distribution et le commerce de détail (physique et internet), les équipements diagnostiques, la nourriture, etc.  
  • La moitié du fonds est investie dans cinq entreprises et les trois quarts de toutes les sociétés de PAWZ sont américaines.  
  • Le fonds existe depuis moins de trois ans.