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Prostitution juvénile: le juge n'a pas cru la version des accusés

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Paul - stock.adobe.com

La demande d’arrêt des procédures de deux hommes de Québec, dont un ex-prof du secondaire, qui estimaient avoir été piégés dans le cadre d’une opération policière visant à mettre à jour de potentiels clients amateurs de prostitution juvénile, a été rejetée, vendredi, et ils ont été trouvés coupables.  

Le juge Mario Tremblay a pas estimé que les policiers du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) ne sont pas allés trop loin lorsqu’ils ont placé des annonces de jeunes filles qui offraient des services sexuels dans le but de piéger d’éventuels clients. 

En février 2019, trois annonces offrant les services sexuels de jeunes filles ont été placées sur des sites de rencontres. L’objectif de la publication étant de voir si d’éventuels clients allaient se manifester. 

Cinq arrestations

En tout, 167 personnes ont répondu aux différentes annonces placées sur 2 jours. Même si 45 personnes se sont désistées, Dave Hamel et Raphaël Beaumont (un ex-enseignant au secondaire) se sont tous deux présentés malgré le fait qu’ils savaient que la prétendue jeune fille, qui était en fait une agente d’infiltration, avait 16 ans.  

Dans sa décision écrite, le juge Mario Tremblay a souligné que le témoignage de Beaumont était «invraisemblable» surtout lorsqu’il maintient qu’il ne «croit pas» que l’interlocutrice avec qui il échange et dont il obtient des photos a 16 ans. « Il essaie tout simplement de nier l’évidence. Il n’est ni franc ni crédible», a noté le juge.  

Le témoignage de Hamel n’est pas crédible non plus pour le magistrat. « En général, il n’est pas sincère. Il est impossible d’accorder la moindre fiabilité à ses propos», a-t-il précisé. 

Il a donc trouvé les deux hommes coupables de leurre à l’endroit d’une personne mineure et d’avoir communiqué avec une personne de moins de dix-huit ans pour acheter ses services sexuels. 

Opération légale

Concernant l’opération menée par les policiers dans le but de débusquer d’éventuels clients, le président du Tribunal a retenu que les sites choisis pour placer les annonces ont été retenus parce que les policiers du SPVQ avaient des «soupçons raisonnables de croire que ces sites étaient utilisés par les proxénètes ou les jeunes filles mineures qui offraient des services sexuels à Québec». 

« Le Tribunal estime donc que les policiers agissaient dans le cadre d’une véritable enquête. L’objet de celle-ci était un lieu précis, leurs soupçons étaient raisonnables, ont été vérifiés objectivement et se sont avérés», a précisé le magistrat.