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We Charity: un organisme contestera la décision de blanchir Trudeau

Au lendemain du verdict final du commissaire à l’éthique qui a blanchi le premier ministre Justin Trudeau dans l’affaire WE Charity (UNIS), un organisme a annoncé son intention de contester la décision devant les tribunaux. 

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Selon Democracy Watch, M. Trudeau a «clairement enfreint la loi sur l'éthique du gouvernement fédéral» lors de l’attribution du contrat de 900 millions $ à WE Charity.

«Democracy Watch contestera la décision du commissaire à l'éthique devant les tribunaux, car elle crée un très mauvais précédent qui permettra aux politiciens et aux fonctionnaires de prendre part aux décisions futures visant à distribuer de l'argent à des personnes et à des organisations qui ont des relations étroites avec leur famille», a annoncé l’organisme.

Or, pour le commissaire à l’éthique Mario Dion, «bien que le lien entre les proches de M. Trudeau et [WE Charity] ait donné lieu à l’apparence d’un conflit d’intérêts, l’apparence d’un conflit ne constitue pas une contravention aux règles de fond de la loi», a-t-il statué jeudi.

Pour Democracy Watch, le premier ministre était non seulement en apparence de conflit d’intérêts, mais il «était clairement dans un conflit d'intérêts potentiel lorsque l'association WE Charity a commencé à échanger avec le gouvernement au sujet de la subvention, puis dans un conflit d'intérêt réel dès que l'association WE Charity a contacté avec le Cabinet et le Bureau du PM».

Le fait le plus incriminant dans cette histoire, selon l’organisme basé à Ottawa, est que la femme de M. Trudeau, Sophie Grégoire Trudeau, était ambassadrice de WE Charity et a même été hôte d’un podcast pour l’organisation.

Mais aux yeux du commissaire, seul l’ex-ministre des Finances Bill Morneau s’est trouvé dans une situation de conflit d’intérêts, «à plusieurs reprises», lors du processus décisionnel menant au contrat. M. Morneau a été sévèrement blâmé.

«Le commissaire Dion se contredit, se mélange et taille en pièces la loi fédérale sur l'éthique dans sa décision de blanchir le premier ministre Trudeau même s'il a clairement violé la loi», a déclaré Duff Conacher, cofondateur de Democracy Watch.

L’ONG a aussi contesté la décision du commissaire dans le scandale SNC-Lavalin. Le dossier est devant les tribunaux.