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Combien faut-il avoir épargné à 40 ans en vue de sa retraite?

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À 40 ans, combien devrait-on avoir mis de côté en vue de la retraite ?

Je ne mets pas la barre à 40 ans pour rien. Si on a peu d’économies à 30 ans, c’est qu’on a encore beaucoup de temps devant soi. Si on procrastine toujours à 50 ans, c’est qu’on a capitulé ou qu’on vit dans le déni.

C’est à 40 ans que la question commence à nous chatouiller l’esprit. On ne se projette pas nécessairement dans une chaise Adirondack au bord du lac, mais on se met à faire quelques calculs.

Il existe une réponse toute faite, alors la voici : à 40 ans, il faudrait avoir amassé l’équivalent de trois fois son salaire annuel. Ça donne 210 000 $ si on gagne 70 000 $.

Évidemment, si on détient des économies de 210 000 $ à 40 ans, ça veut dire qu’on a commencé à ramasser son argent il y a plusieurs années déjà. Pour atteindre ce résultat, on devrait avoir accumulé un an de salaire dès l’âge de 30 ans.

Et il faut maintenir le rythme. À 50 ans, c’est six fois sa rémunération qu’on devrait retrouver dans son bas de laine, et à 60 ans, huit fois. L’échelle s’arrête à 67 ans, âge où l’on devrait avoir 10 fois son salaire, lequel, rappelons-le, a aussi augmenté avec les années ! Ça vous fait peur, hein ?

Aspirations de chacun

Cette échelle est tirée d’une étude de la société de fonds communs Fidelity. Elle date un peu, mais elle refait régulièrement surface.

Ce genre d’exercice comporte de nombreux défauts. Il ne tient pas compte des aléas de la vie, de la capacité d’épargne qui diffère d’un ménage à l’autre et d’une période à l’autre.

Il ne considère pas non plus les autres sources de revenu de retraite et il fait l’impasse sur la fiscalité.

Il ignore en outre les aspirations de chacun. On ne caresse pas tous les mêmes projets, bien qu’à 40 ans, ça puisse sembler jeune pour déterminer comment on meublera ses vieux jours. On sait en tout cas qu’on ne vit pas tous au même rythme.

Je ne me fierais pas là-dessus pour préparer ma sortie, mais on a là néanmoins un point de repère intéressant, plus concret que la règle selon laquelle on doit viser 70 % de ses revenus pour la retraite.

Ces chiffres s’appuient sur des hypo-thèses qui n’ont rien de farfelu. Ils supposent qu’on épargne 15 % de ses revenus à partir de 25 ans, que la moitié de l’argent économisé est investi en Bourse, qu’on cesse de travailler à 67 ans et qu’on maintient son rythme de vie à la retraite.

L’effort requis n’a rien de surhumain.

En comparaison de l’austérité préconisée par les adeptes de l’approche « FIRE » (Financial Independance Retire Early), cela ressemble à de la débauche !

Épargner beaucoup, et tôt

Alors, qu’est-ce que ça nous dit ?

D’abord, que ceux qui participent durant une bonne partie de leur carrière à un régime de retraite à prestations déterminées ont la tâche grandement simplifiée.

Sinon, à 40 ans, il est déjà tard pour se réveiller. Il faut commencer tôt à épargner.

Si on ne profite pas d’un régime de retraite d’employeur digne de ce nom (de plus en plus rare), épargner moins de 10 % de ses revenus (avant impôt) sera insuffisant si on veut maintenir son niveau de vie à la retraite. Idéalement, il faut viser de 15 % à 20 % (la limite du REER a justement été placée à 18 %).

La tâche ne s’annonce pas facile pour les plus jeunes. Ils profitent certainement de meilleurs outils et de meilleures connaissances pour investir que leurs aînés, au même âge. Toutefois, ce serait surprenant qu’ils s’enrichissent aussi facilement que les boomers et les X qui ont vu la valeur de leur patrimoine exploser ces dernières années, en Bourse comme en immobilier.

Raison de plus pour s’y mettre sans tarder.