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Il espérait éviter une contravention COVID, mais sa femme l’a contredit

Bloc Justice

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Un membre de la communauté juive hassidique qui a bafoué l’interdiction de rassemblement lors de la première vague de COVID-19 a échoué à faire annuler sa contravention... parce que sa femme a livré une tout autre version que la sienne.

« Il a dit que ses filles [adultes et mariées] habitaient là en raison de la Pâque juive [...]. Sa femme, de l’autre côté, a dit qu’elles allaient être là aussi longtemps que nécessaire. Il est difficile de concilier ces deux versions qui sont au cœur de la défense », a commenté la juge de paix Julie Laliberté en condamnant Yehlida Usher Rothbart à payer l’amende de 1000 $, cette semaine, au palais de justice de Montréal.

Le résident d’Outremont s’était fait dénoncer par un voisin en avril 2020.

Malgré l’interdiction de rassemblement, il avait été vu en train de réciter la prière sur son balcon, devant plusieurs membres de sa communauté, alors que deux femmes se trouvaient dans la maison.

Pas convaincant

Les policiers se sont donc présentés sur les lieux et une fois la prière terminée, ils se sont mis à identifier chaque personne pour réaliser qu’elles provenaient de trois ménages différents.

Or, les règles de la Santé publique interdisaient de tels rassemblements.

Pour sa défense, M. Rothbart a assuré au tribunal que même si ses filles et ses beaux-fils avaient d’autres adresses, ils habitaient en fait chez lui pour la période de Pâques. Sauf que sa femme ne semblait pas être du même avis quand est venu son moment de témoigner à la cour.

« Elle est catégorique que leur présence ne se limitait pas à cette période », a dit la juge de paix.

D’autres éléments ont aussi fait tiquer la juge. Par exemple, bien que M. Rothbart a juré que ses filles avaient emménagé chez lui, elles n’avaient apporté aucun effet personnel, a noté la magistrate.

Jouer avec les règles

M. Rothbart ne s’était pas non plus aidé en disant à un autre moment que le nombre de personnes résidant chez lui ne permettait pas de faire la prière à 10, laissant donc entendre qu’il avait invité des gens pour obtenir ce nombre, impératif dans sa religion.

Mais même si la version de M. Rothbart avait été crue, la juge de paix aurait quand même condamné l’homme qui, en jouant sur les mots et leur interprétation, a de toute évidence tenté de se soustraire aux règles sanitaires.

« Les mesures pour contrer la pandémie ont été mises en place pour répondre à l’impératif de préserver la vie et la santé de tous », a-t-elle rappelé en comparant ce cas à celui de deux ménages qui passeraient une fin de semaine dans le même chalet en prétextant que c’était leur domicile à tous le temps du séjour.

À moins qu’il n’interjette appel, M. Rothbart devra s’acquitter de son amende de 1000 $, plus les frais.