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Immigration: cri du cœur d’un père qui veut revoir sa famille

Monsieur le Premier Ministre,

Je m’appelle Jean Willer Marius. Ce nom ne vous interpelle probablement pas, c’est compréhensible, car les dossiers éloquents comme la vaccination massive accélérée afin d'éradiquer la pandémie s’imposent. 

Il faut promouvoir la relance de l’économie, permettre aux enfants de se retrouver, de manière sécuritaire en présentiel, avant les vacances d’été, en plus de travailler au bonheur non négociable des Québécois; tout cela est intense et retient à juste titre votre attention. 

Des délais pour l’immigration  

Il y a néanmoins en parallèle le dossier vital de l’immigration qui refait surface là où des milliers d’immigrants attendent le verdict de l’IRCC pour goûter aux délices de l’été canadien version 2021 puisque, depuis des années, dans leurs cœurs esseulés, toutes les saisons hibernent. 

D’où me vient alors l’audace de m’adresser à votre excellence pour vous demander de rapatrier ipso facto ma famille ? Serait-ce que je me sens utile au point que le Québec devrait me favoriser ? Ou, ma femme et mes enfants seraient-ils plus importants que les milliers d’autres qui attendent, en silence ? Loin de là, lisez ici, Monsieur le Premier Ministre, l’ultime cri du cœur d’un homme malade qui nécessite ces soins que seule sa famille saura lui prodiguer en ces temps de défis majeurs où il n’a pu voir son médecin traitant depuis deux ans. Attendu que les délais légaux en même temps que les CSQ délivrés en leur faveur, ont été expirés. 

Je ne prétends pas non plus maitriser tous les contours de votre politique migratoire, mais pour avoir souffert dans mon corps dans mon âme, pour avoir vécu l’enfer d’être confiné loin des miens et pour trouver une réponse à donner à mes enfants qui m’accusent de les avoir abandonner, de ne plus les aimer, j’estime, au nom de l’humanité universelle, que la priorité devrait être rendue au regroupement de familles qui se passeraient volontiers des 56 000 par année si elles pouvaient seulement se retrouver. 

Il vous est peut-être complexe de réaliser ce qui se passe dans la vie de ces milliers de vos administrés, les conflits qu’ils doivent gérer à distance, les accusations multiples dont ils font l’objet, quand le moral, là-bas, flanche. Quand les espoirs de les rapatrier s’amenuisent au fil des mesures prises pour combattre la pandémie. Quand la seule vue d’une famille unie et heureuse leur brise le cœur en rentrant dans cette maison vide où le bonheur n’attend pas et que les nuits, sans la présence de l’autre, s’éternisent. 

Reprendre une vie normale  

Exilé politique haïtien, je ne puis y retourner sans danger. Imaginez la langueur d’un enseignant qui ne trouve plus les mots pour expliquer à sa chère épouse qu’il ne sait pas quand ils pourront revivre ensemble. Monsieur le Premier Ministre, je ne vous demande pas de creuser un canal pour relier la mer rouge à la mer morte ni d’outrepasser vos droits, mais de permettre à un bon citoyen, coincé entre les mailles du filet bureaucratique de reprendre le cours normal de sa vie en récupérant, sans délai, sa progéniture. 

Si d’aventure, cette lettre, comme les précédentes adressées à plus d’un élu québécois, devait rester lettre morte, la postérité retiendra que j’aurai mené le plus digne des combats, celui de sauver ma famille éprouvée. 

Francophile de sa foi, le citoyen qui m’habite se refuse de lorgner le ciel saxon accéléré tel qu’il m’a été suggéré. 

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