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Un millionnaire de 26 ans en est à sa quatrième entreprise

Pascal Leblanc

Photo courtoisie, Christinne Muschi

Un entrepreneur québécois de 26 ans qui s’est enrichi en vendant ses entreprises de logiciels veut maintenant aider le gouvernement du Québec à mettre en place une identité numérique sécurisée.

« J’ai fondé ma première entreprise de solution de chiffrement et minage YAAMP à 20 ans, en 2014. Quand je l’ai vendue, l’avocat qui m’a reçu dans son bureau se demandait je sortais d’où », raconte en riant Pascal Leblanc, 26 ans, cofondateur et PDG de Mantle.

À l’époque, le jeune homme qui vient tout juste d’avoir 20 ans termine son baccalauréat en génie logiciel à l’Université de Trois-Rivières.

Et mine de rien, il a déjà inventé un logiciel de cryptomonnaie, qui permet à ceux qui s’en servent de gagner entre 50 % et 100 % plus d’argent.

« NiceHash avait investi pour essayer de faire un meilleur logiciel que le mien, mais ils n’ont pas réussi, alors ils m’ont approché pour acheter la compagnie. Ils nous trouvaient vraiment tannants », se souvient-il.

Peu de temps après, Pascal Leblanc vend sa deuxième entreprise SafeCex, un site d’échange de cryptomonnaie.

« On a permis à ceux qui créaient leur crypto d’être sur une bourse pour exister », poursuit-il.

Cette semaine, l’entrepreneur a effectué son tour du chapeau en laissant filer pour quatre millions de dollars sa firme d’objets de luxe virtuels pour les jeux vidéo.

« On a développé l’économie du luxe dans les jeux existants. On peut par exemple avoir un sac Louis Vuitton authentique dans un jeu comme Fortnite », illustre-t-il.

Quand on lui demande pourquoi il se départit de ses firmes si vite, l’entrepreneur en série répond qu’il préfère les créer plutôt que les gérer.

« Je pourrais les vendre plus cher en les opérant plus longtemps, mais ce que j’aime faire, c’est innover. Partir de zéro », résume-t-il.

Fragmenter l’information

Alors que Québec planche sur un projet d’identité numérique, Pascal Leblanc aimerait aider l’État à sécuriser les données des Québécois avec sa firme Mantle Technologie.

« Je veux faire un fleuron québécois de l’identité numérique et de la protection des données du citoyen », lance l’entrepreneur, qui compte deux fonds ontariens parmi ses investisseurs.

Pour Pascal Leblanc, la chaîne de blocs et la transinfonuagique (le fait de fragmenter l’information plutôt que de la mettre à la même place) est la clé qui permettra aux citoyens de mieux protéger leurs données.

« Le problème avec les données hébergées au repos, c’est qu’il y a des risques et des responsabilités et des coûts », explique l’homme d’affaires.

D’après lui, plutôt que de tout confier au géant Amazon, Québec devrait veiller à ce que les données de l’État soient stockées de façon fragmentée.

« C’est comme un casse-tête où l’on met tous les morceaux à différents endroits. C’est notre innovation. On est les premiers à avoir ça », affirme-t-il.

Pour y arriver, Mantle compte sur une équipe de huit employés, dont la majorité gagne plus de 90 000 $ par année. 

« À Montréal, les seuls qui me compétitionnent, c’est Shopify. J’en ai deux qui sont allés là à 125 000 $ par année avant bonus », conclut-il.

- Avec la collaboration de Pascal Dugas Bourdon


Au Québec, l’édition de logiciels a généré des revenus de 2,6 milliards de dollars, en 2019. Plus de 10 900 personnes y travaillent dans plus de 305 emplacements, selon le ministère de l’Économie et de l’Innovation (MEI).