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Une nouvelle génération de bateaux recyclables

Crédit photo : Courtoisie Service des communications Cégep de Saint-Jérôme

Afin de remédier au problème des dizaines de milliers de carcasses de bateaux qui se retrouvent dans les sites d'enfouissement chaque année au Canada, une nouvelle génération d’embarcations, recyclables, verra le jour cet été.

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Le Centre de développement des composites du Québec (CDCQ), affilié au Cégep de Saint-Jérôme, a développé un prototype de bateau fait d'une nouvelle résine thermoplastique, entièrement recyclable.

«Il sera testé dans les prochaines semaines sur le fleuve, par le centre Innovation maritime (IMAR) de Rimouski, et suite à cette phase de validation, le prototype final devrait être terminé pour la fin de l'été», explique Daniel Poirier, chercheur et chargé de projets au CDCQ.

L’idée de développer un bateau recyclable est née en 2018 lorsque Transports Canada a lancé un appel de projets dans le cadre du Plan de protection des océans, pour tenter de trouver des solutions au problème des bateaux abandonnés dans les sites d’enfouissement et dans l’eau.

Crédit photo : Courtoisie Service des communications Cégep de Saint-Jérôme

«Il est estimé que le Canada compte 2,7 millions de bateaux de plaisance et de ce nombre 22 500 atteignent leur fin de vie utile chaque année», selon Cybelle Morin, porte-parole de Transports Canada.

La plupart se retrouvent dans les lieux d'enfouissement ou encore pire, abandonnés dans la nature. Composés de plusieurs matériaux difficiles à démanteler, leurs différents morceaux sont peu ou pas recyclés. «C'est une vraie problématique. Il n'y a pas de suivi comme pour les voitures, qui ont des numéros de série», souligne Daniel Poirier.

Le défi du CDCQ a donc consisté à remplacer les différents matériaux et composantes de la coque et du pont par des pièces en composite présentant un bon potentiel de recyclabilité. La nouvelle résine thermoplastique utilisée n'est habituellement pas employée dans la fabrication des bateaux. «Une fois mise en forme, cette résine peut être chauffée et remoulée, ce qui favorise son recyclage. Quelques projets ont vu le jour à travers le monde pour des applications marines, mais aucune n’est commerciale. Nous, c'est ce qu'on veut faire», explique le chercheur.

Selon lui, si cette nouvelle génération de bateau recyclable aura une valeur ajoutée, elle ne coûtera pas nécessairement plus cher à la conception, ni à l'achat pour le consommateur.

L'espoir est que le nombre de bateaux jetés aux ordures diminue. «On est aussi en train de développer une plate-forme virtuelle vouée au développement durable, pour favoriser les échanges visant le recyclage des matériaux composites», ajoute Daniel Poirier.