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Un rassemblement festif en solidarité avec la lutte du peuple haïtien

Plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées dimanche après-midi à la place de l’Espoir à Montréal-Nord dans l’objectif d’alerter la population sur la crise politique qui a cours actuellement en Haïti.

«La crise en Haïti, elle est très grave, c’est pratiquement un retour à la dictature; chaque jour il y a des massacres, chaque jour il y a des assassinats politiques», a soutenu René Exentus, membre de la Coalition haïtienne au Canada contre la dictature en Haïti (CHCDH), l’organisation derrière le rassemblement.

L’événement marquait également le 218e anniversaire du drapeau haïtien.

«Nous savons que le 18 mai, c’est la commémoration du drapeau d’Haïti, et nous sommes là pour le célébrer, mais surtout aussi pour dénoncer ce qui se passe en Haïti, où il y a un président qui n’est plus légitime constitutionnellement depuis le 7 février et qui s’accroche au pouvoir, a indiqué Frantz André, membre du comité organisateur du rassemblement. Et malheureusement, le Canada fait partie du "Core Group", un groupe qui soutient le gouvernement haïtien.»

Le «Core Group» continue à appuyer le président de la République d'Haïti Jovenel Moïse sous prétexte que son mandat n’est pas arrivé à terme, contrairement à ce que dit la constitution, a expliqué René Exentus.

Ce dernier espérait, à l'aide du rassemblement, «solliciter la solidarité du peuple canadien, du peuple québécois, à la lutte du peuple haïtien, et forcer le gouvernement canadien à cesser de soutenir ce retour à la dictature en Haïti.»

Plusieurs artistes sur scène

L’ambiance était très festive à la place de l’Espoir, au parc Henri-Bourassa, où plusieurs chanteurs et poètes ont défilé sur une scène extérieure spécialement aménagée pour l’occasion. Quelques témoignages rendant compte de la gravité de la situation en Haïti ont également ponctué l’après-midi.

Une légère pluie s’est installée vers 14 h 30, mais rien pour éteindre l’énergie de la foule, qui tapaient des mains et chantait en cœur avec les artistes sur scène, tous et toutes bien décidés à rester sur place.

Des croix pour rappeler les morts

Plusieurs dizaines de croix artisanales étaient disposées à quelques endroits du parc. «Sur chacune des croix, il y a des noms, et ce sont les noms d’une partie des personnes qui ont été assassinées en Haïti de 2018 à aujourd’hui, a expliqué René Exentus. Ça arrive presque chaque jour en Haïti.»

GABRIEL BEAUCHEMIN/24 HEURES/AGENCE QMI

L’artiste et militante Marie Dimanche a justement organisé une performance artistique à la toute fin de l’après-midi autour de ces croix, où elle invitait la foule à répéter les différents noms qui y figuraient, jusqu’à créer un grand brouhaha. Il s’agissait d’une façon pour l’artiste de faire entendre ces noms que l’on n’entend pas.

«Ça représente un peu la cacophonie de ce qui se passe en Haïti, mais c’est aussi pour tous les gens qu’on a tués et qui ne sont pas nommés, a expliqué Marie Dimanche. Donc, en faisant tout ce bruit, c’est pour leur rendre hommage.»