/regional/montreal/montreal

Une manifestation pour réclamer la résidence permanente pour tous les immigrants sans statut

ANNE-SOPHIE ROY/24 HEURES/AGENCE QMI

Au moins 140 personnes se sont réunies à Montréal, dimanche matin, pour demander au gouvernement Trudeau d’inclure tous les immigrants à statut précaire au nouveau programme d’accès simplifié à la résidence permanente, lancé le 6 mai dernier par Ottawa.

Au rythme des percussions et des slogans comme «Allez Québec, donnez-nous notre chance!», des réfugiés, étudiants internationaux sans papiers et des travailleurs étrangers temporaires ont marché du parc Jarry, dans Villeray, jusqu’au bureau de circonscription de Justin Trudeau, député de Papineau. Le rassemblement pacifique s’est déroulé dans le respect des mesures sanitaires.

«On est là pour faire entendre notre voix pour faire inclure tout le monde [dans le processus d’obtention de la résidence permanente] et pour élargir la voie de l’immigration», a expliqué Jagdeep Bhutt du United Refugee Council of Canada (URCC), organisateur de l’événement aux côtés de l’organisme Afrique au féminin.

Le 6 mai dernier, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a annoncé la création d’une nouvelle voie rapide vers la résidence permanente offerte à 90 000 travailleurs temporaires essentiels - incluant le secteur de la santé - et diplômés étrangers. Cette nouvelle mesure exclut de facto les demandeurs d’asile et les travailleurs étrangers temporaires, entre autres.

Au micro, Jagdeep Bhutt a insisté pour dire que «les travailleurs sans statut ont droit au même respect et à la même dignité que les travailleurs de première ligne, car tous ont un rôle à jouer dans cette pandémie».

Comme une centaine d’autres, Richard Piedrahita, un immigrant arrivé au Canada il y a trois ans, souhaite se faire reconnaître comme un travailleur essentiel au front en cette pandémie de COVID-19.

«Je suis camionneur, je travaille parfois 12h-13h par jour. Je paye mes impôts, je paye mes taxes. Je suis venu au Canada pour travailler avec ma famille. J’aimerais que le gouvernement puisse voir ce qu’on fait et qu’on ne soit pas perçus comme un problème», confie celui qui a appris le français en arrivant en 2018.

Giuliana Fumagalli, mairesse de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, est venue offrir son soutien aux manifestants, tout en rappelant qu’une motion pressant les gouvernements de régulariser les personnes sans statut à Montréal a été adoptée à l’unanimité le 25 février dernier.

Se tenir debout pour ses enfants

La décision d’Ottawa de prioriser un certain groupe d’individus pour accéder à la résidence permanente est illogique aux yeux de Jagdeep Bhutt.

«On habite déjà le pays. Nos enfants ont appris le français, l’anglais et les valeurs québécoises et canadiennes. Si on n’a pas l’opportunité de rester au pays, ça va détruire l’avenir de nos enfants.»

Même discours du côté de Sandeep Kaur, une jeune réfugiée de l’Inde, venue manifester avec sa mère, Hardip Kaur.

«On a besoin d’aide. On a besoin de la résidence permanente pour vivre ici. Nous travaillons déjà ici et on a besoin d’aide pour ne pas se faire renvoyer dans notre pays. On veut vivre ici et nulle part ailleurs.»

Au moment d’écrire ces lignes, le 24 Heures n’avait toujours pas obtenu de réponse du ministère de l’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.