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Enquête publique sur la mort de Joyce Echaquan: la coroner exprime des doutes sur la véracité des témoignages

La coroner Géhane Kamel a lancé un appel à l’honnêteté après avoir exprimé des doutes quant à la véracité des témoignages du personnel soignant lors de la troisième journée de l’enquête publique sur la mort de Joyce Echaquan, au palais de justice de Trois-Rivières.

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La coroner s’est impatientée lundi en début d’après-midi en écoutant les témoignages du personnel soignant.

«Avez-vous reçu une consignes de nous en dire le moins possible durant l’enquête publique?», a-t-elle questionnée une infirmière. «J’ai l’impression d’entendre la même cassette!»

Celle qui préside les audiences publiques a exprimé des doutes lorsque les cinq témoins ont tous affirmé n’avoir jamais entendu de propos racistes, discriminatoires ou désobligeants à l’hôpital de Joliette et n’avoir jamais reparlé de la vidéo de Joyce Echaquan après son décès.

Questionnée avec insistance, une infirmière a finalement avoué que des gestionnaires du centre hospitalier avaient donné comme consigne de ne pas en parler et que le sujet était devenu tabou.

La famille de Joyce Echaquan avait confié la semaine dernière que la mère de famille se sentait «dénigrée» lorsqu’elle consultait pour des problèmes de santé. Une formation de trois heures sur l’histoire des Atikamekw a par ailleurs été donnée au personnel de Joliette à la suite des événements.

L’avocat de la famille Me Patrick Martin-Ménard a également affirmé que les preuves sont claires et détaillées, espérant que les prochains témoins diront la vérité.

En matinée, deux médecins sont revenus sur l’hospitalisation de la mère de famille à l’hôpital de Joliette entre le 26 et le 28 septembre 2020.

La docteure Mahée Boisvert, qui a ausculté Mme Echaquan à son arrivée à l’urgence, a ainsi été la première à témoigner.

Elle a raconté que Joyce Echaquan avait consulté pour des douleurs abdominales que la patiente a décrites comme des «coups de poignard» depuis deux semaines.

La mère de famille était connue pour des problèmes cardiaques, portant un défibrillateur, mais aussi des problèmes de diabète.

Après des heures à se tortiller de douleurs, Joyce Echaquan se fait prescrire par la Dre Boisvert plusieurs médicaments dont de la morphine, du Zantac et du «Pink Lady».

Quand elle revoit la patiente quelques heures plus tard le matin du 27 septembre, la médecin a rapporté que ses signes vitaux sont stables. Comme les médicaments semblent faire effet, elle a alors conclu à un ulcère ou une gastrite et a recommandé que Mme Echaquan consulte un gastro-entérologue.

Une dépendance aux narcotiques

Plus tôt dans la journée, le deuxième médecin qui a vu Joyce Echaquan, le Dr Jean-Philippe Blais, a également fait part de son témoignage et indiqué avoir observé une dépendance aux narcotiques lorsqu’il avait révisé son dossier.

Le gastro-entérologue a alors interrogé la mère de famille qui a confirmé qu’elle a cessé sa consommation au cours des dernières semaines. C’est à ce moment-là que le médecin arrête la morphine.

En fin de journée du 27 septembre, Joyce Echaquan est de nouveau très agitée et tombe de sa civière, mais pour le médecin, la situation est davantage liée à un sevrage qu’à sa condition digestive.

Les audiences publiques vont se poursuivre jusqu’au 2 juin prochain.