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Journée mondiale contre l’homophobie: pourquoi retourner «dans le placard» à 75 ans?

Drapeau Arc-en-ciel fête Arc-en-ciel fierté gaie LGBTQ

Photo le Journal de Québec et Agence QMI, Simon Clark

« Quand tu as passé toute ta vie à te cacher pour te protéger pour ne pas perdre ton emploi ou tes enfants, et que tu as maintenant 70 ou 80 ans, pourquoi prendre le risque de le dire ? De te retrouver seul[e] à manger à table ? [...] Si je ne peux pas parler de mes souvenirs, des femmes que j’ai aimées [...] on m’enterre déjà, on m’efface alors que je suis toujours là » - Denise 70 ans, lesbienne (Gobert, 2019).

Les actes homosexuels entre adultes consentants ont été décriminalisés au Canada en 1969 et l’homosexualité a été retirée de la liste des maladies mentales de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 1992. C’est seulement en 2018, toutefois, que l’OMS a retiré la transidentité de sa liste des maladies mentales.

La Journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie (aujourd’hui 17 mai) a été créée pour porter un regard sur la violence et la discrimination subies par les lesbiennes, les gais, les bisexuels, les transgenres, les intersexués et toutes les autres personnes ayant des orientations sexuelles, des identités ou des expressions de genre différentes. Cette journée est maintenant célébrée dans plus de 60 pays à travers le monde. 

  • Écoutez l'entrevue de Pierre Nantel avec Marie-Ève Bédard, chercheure au Centre collégial d’expertise en gérontologie du Cégep de Drummondville, sur QUB radio:   

Des aînés victimes de préjugés

L’homophobie ou la transphobie existe également dans les résidences privées pour aînés (RPA). Des expériences d’homophobie et de transphobie sont vécues par des personnes aînées lesbiennes, gaies, bisexuelles et trans

(LGBT+) dans des RPA. Ces personnes sont davantage exposées à des formes ou des types de maltraitance, y compris de la discrimination, de l’abus et de l’exclusion.

Il est extrêmement difficile pour les dirigeants de RPA d’adopter des mesures adéquates pour cette population qui, par peur de représailles, ne s’identifie pas ouvertement. Or en l’absence de pratiques inclusives, des personnes aînées LGBT+ décident de véritablement retourner « dans le placard ». Il s’agit là d’un cercle vicieux qui mène inévitablement au repli de ces personnes aînées.

Sensibilisation

Considérant que peu de recherches au Québec et au Canada permettent actuellement de documenter ces situations et les interventions qui en découlent, il est primordial de développer des outils pour les personnes qui évoluent dans les RPA, tant québécoises qu’internationales, pour davantage les sensibiliser à la maltraitance envers les personnes aînées LGBT+, à ses conséquences et aux moyens de la prévenir et de la contrer.

Il faut plus que jamais favoriser les sentiments de sécurité et de bien-être chez les résidents issus de la diversité sexuelle et de genre, et leur inclusion sociale et ainsi rendre les RPA plus saines, sécuritaires, accueillantes et inclusives pour les personnes aînées LGBT+.

Photo Courtoisie

- Nathalie Mercier, directrice du Centre collégial d’expertise en gérontologie du Cégep de Drummondville

Photo Courtoisie

- Marie-Ève Bédard, Ph. D., chercheuse au Centre collégial d’expertise en gérontologie du Cégep de Drummondville


Les deux sont responsables de la recherche «Des résidences privées plus saines, sécuritaires, accueillantes et inclusives au moyen d’un jeu sérieux visant à prévenir et contrer la maltraitance envers les personnes aînées lesbiennes, gaies, bisexuelles et trans (LGBT+)».

* Si vous êtes une personne aînée LGBT+ vivant en RPA au Québec et que vous souhaitez contribuer à la recherche, laissez-nous un message au 819 478-4671, poste 4111. Le tout est entièrement confidentiel.

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