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Mort de Joyce Echaquan: «un réel problème» face aux Atikamekw

Au quatrième jour de l’enquête publique sur la mort de Joyce Echaquan, une infirmière a reconnu qu’il y avait un «réel problème» envers la communauté atikamekw au centre hospitalier de Joliette.

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Cet aveu intervient au lendemain de l’appel à l’honnêteté lancé par la coroner Géhane Kamel au personnel soignant qui témoigne au palais de justice de Trois-Rivières.

«J’ai espoir que quelqu’un finira par me regarder en face et me dira “oui, j’ai entendu des propos désobligeants à l’hôpital de Joliette”», avait-elle dit.

L’avocat qui représente la famille de Mme Echaquan a tenu à remercier cette employée pour sa franchise. Il a aussi dit que c’était grâce à ce type de témoignage qu’une réconciliation serait possible.

Pas de moniteur cardiaque 

Une des préposées aux bénéficiaires qui a fait le massage cardiaque lorsque Joyce Echaquan était en salle de réanimation a confié avoir été surprise de constater qu’il n’y avait pas de moniteur pour surveiller le rythme cardiaque de la patiente dans sa chambre. Joyce Echaquan avait pourtant des problèmes cardiaques et un défibrillateur.

L’avant-midi du 28 septembre, le jour du décès de la mère de famille de 37 ans, la préposée aux bénéficiaires a questionné le personnel soignant sur son état de santé. Elle entendait Joyce Echaquan crier à plusieurs reprises. Une employée lui aurait répondu qu’elle «était en sevrage».

En fin d’avant-midi alors que la patiente était transférée vers la salle de réanimation, elle aurait dit au personnel soignant en voyant la patiente «elle a l’air morte». Une employée lui aurait répondu qu’elle «avait un pouls faible».

Des heures plus tard, la préposée aux bénéficiaires a appris que deux de ses collègues avaient insulté Joyce Echaquan sur lit d’hôpital alors qu’elle agonisait.

Par ailleurs, quatre infirmières qui ont soigné Joyce Echaquan la veille et la journée de son décès ont témoigné ce mardi.

Il a été mentionné que la mère de famille aurait avoué avoir pris des médicaments dans sa pharmacie personnelle. Le personnel aurait présumé à ce moment-là qu’il s’agissait de narcotiques, sans poser davantage de questions.

Une infirmière a aussi expliqué que Mme Echaquan aurait demandé à recevoir de la médication et à être mise sous contention.

Elle a ajouté qu’elle avait attaché la victime pendant près d’une heure la veille au soir de son décès et que cette dernière était beaucoup plus calme après ça.

La formation du personnel questionnée 

Les membres de l’enquête publique ont aussi posé plusieurs questions au personnel sur la formation de trois heures sur l’histoire des Atikamekw que tous les membres de l’hôpital ont reçue après le décès de Joyce Echaquan.

Plusieurs employés ont dit que ce n’était pas assez et qu’ils auraient aimé en savoir plus, savoir comment interagir avec un usager autochtone.

Ils ont expliqué que la formation n’aurait pas répondu à ce type de questions là.