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Ottawa appuie une boxeuse pénalisée à cause de son enfant

Mandy Bujold

Photos d’archives

Le gouvernement canadien est monté dans le ring pour défendre les intérêts de la boxeuse Mandy Bujold, qui a été exclue des Jeux olympiques de Tokyo parce qu’elle ne respecte pas les nouveaux critères de sélection qui ont été modifiés après sa décision de fonder une famille.

Le ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault, a écrit une lettre au président Thomas Bach et aux membres du conseil d’administration du CIO pour dénoncer le refus de l’organisme de reconsidérer les nouveaux critères de sélection élaborés par le Boxing Task Force.

« Je vous écris pour exprimer tout mon soutien à la participation de Mme Bujold à ces Jeux. Le gouvernement du Canada s’est engagé à créer un environnement de confiance et sécuritaire pour que les femmes et les filles puissent prendre part aux activités sportives à tous âges et à tous niveaux.  

« Nous nous sommes fixé comme objectif d’atteindre la parité hommes-femmes dans le sport, tout comme l’a fait le Comité international olympique. S’assurer que des femmes inspirantes comme Mme Bujold puissent obtenir la même reconnaissance que leurs homologues masculins, peu importe leur statut familial, est un élément essentiel pour créer un environnement inclusif et encourageant. »

Le ministre du Patrimoine canadien déplore les critères de sélection mis en place en raison de la pandémie. 

« La décision du CIO de ne prendre en compte que les classements des trois compétitions organisées sur une période de 11 mois entre 2018 et 2019 comme critères de qualification pour les Jeux de Tokyo représente un énorme problème institutionnel. La décision de devenir mère en 2018 ne devrait aucunement pénaliser Mme Bujold et l’empêcher de participer aux Jeux olympiques. Son exclusion des Jeux olympiques de Tokyo envoie un message négatif aux athlètes féminines du monde entier : vous pouvez être athlète ou mère, mais pas les deux à la fois. 

« Il s’agit ici d’un cas particulier qui nécessite de la compréhension, et non de la rigidité. »

Heureux de l’appui 

Les représentants de la boxeuse sont heureux de l’implication du gouvernement canadien dans le dossier. 

« Nous sommes très heureux que le ministre appuie notre position et on le remercie, a mentionné Me Sylvie Rodrigue, associée chez Torys. Le dossier suit son cours devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) et je ne peux pas commenter le processus. 

« Mandy avait planifié sa grossesse en tenant compte des critères de sélection initiaux. Comme ce fut le cas pour la WTA dans le dossier de Serena Williams, le CIO doit instaurer une règle qui prévoit que les athlètes féminins obtiennent un classement protégé. Il est temps que le CIO s’adapte. »

L’histoire de Bujold a eu beaucoup d’échos au Canada, mais s’est aussi retrouvée dans le New York Times

« Compte tenu du palmarès de Mandy, on savait que l’histoire obtiendrait une couverture nationale importante, mais on ne prévoyait pas qu’il y ait un aussi grand impact à l’échelle internationale. Avec l’équité hommes-femmes, nous avons touché une corde sensible. 

« L’histoire de Mandy nous a permis de découvrir que des situations analogues s’étaient produites dans d’autres sports. Peu importe la décision du TAS, l’histoire de l’équité ne se terminera pas là. Mandy réalise que son histoire est plus grande qu’elle. »