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Des jeunes veulent devenir les figures de proue de la sauvegarde du français

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Milléniaux, Z... Est-ce le début de la génération «F» pour «français»? Jugeant que la réforme de la loi 101 du gouvernement de François Legault ne va pas assez loin, un groupe de jeunes marchera vendredi à Montréal pour la défense de la langue française.

Une semaine après le dépôt du projet de loi 96, le Mouvement des jeunes souverainistes (MJS) fera entendre sa voix dans les rues de la métropole.

«Force est d’admettre que le projet de loi [96], dans l’état où il est, ne va pas assez loin», a lancé d’emblée Félix Étienne, porte-parole du MJS et coorganisateur de la manifestation qui doit avoir lieu vendredi.

Selon lui, l’heure est venue pour les jeunes Québécois de s’intéresser à l’avenir du français et à prendre le dossier sur leurs épaules, comme ils l’ont fait avec l’environnement. «C’est un enjeu dont on doit se saisir», a-t-il souligné.

«Nous aussi, on veut vivre dans un Québec français. C’est faux, que les jeunes se désintéressent de la question de la langue», a ajouté Félix Étienne.

Le groupe transpartisan dont il fait partie avait déjà organisé une marche en novembre dernier, afin de sonner l’alarme sur le déclin de la langue française. Le MJS se joint cette fois à la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB), l’une des plus vieilles organisations pour la défense du fait français au Québec.

«Ces jeunes-là, il faut les écouter, a affirmé la présidente de l’organisme fondé en 1834, Marie-Anne Alepin, en entrevue avec le «24 Heures». Le français, ce n’est pas une question partisane. On ne veut pas que ce soit nos enfants qui soient obligés de s’en occuper.»

Un projet de loi insuffisant?

Le projet de réforme de la Charte de la langue française que propose le gouvernement Legault est touffu. Il comprend plus de 200 articles et prévoit intervenir dans divers secteurs, comme l’éducation, le commerce, l’emploi et l’immigration.

Aux yeux du MJS, le projet de loi 96 «tergiverse». Dans les cégeps anglophones, où Québec compte imposer un plafond annuel des admissions, il sera carrément inefficace, a martelé Félix Étienne. «Le cégep anglophone, c’est un vecteur d’anglicisation et d’assimilation», a-t-il avancé.

À l’heure actuelle, environ 17 % des étudiants du réseau collégial fréquentent les Dawson, St. Lawrence et John Abbott de ce monde. Ils peuvent être anglophones, francophones ou allophones. Le gouvernement Legault souhaite geler le nombre d’étudiants admis dans ces établissements à ce niveau.

Or, comme le Parti québécois, le MJS demande à François Legault d’étendre la loi 101 aux cégeps, ce qui empêcherait toute personne qui ne fait pas partie de la minorité historique anglophone d’accéder aux cégeps anglos.

«À la mode», le combat pour la langue française?

La semaine dernière, François Legault affichait ses couleurs en point de presse à l’Assemblée nationale. «Je pense que la majorité des jeunes au Québec souhaitent qu'on continue de parler en français», lançait-il aux journalistes.

Félix Étienne espère que la survie du français deviendra un «dossier à la mode» chez les Québécois de sa génération. «Il y a un engouement», a pour sa part assuré Marie-Anne Alepin.

La marche coorganisée par le Mouvement des jeunes souverainistes doit s’amorcer vendredi à 17h, près d’un habituel rendez-vous de manifestations, le monument à sir Georges-Étienne Cartier.

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