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Dis Son Nom: la liste des présumés abuseurs est de retour

Delphine Bergeron, l’une des administratrices de la page Dis son nom, défend mordicus sa démarche en disant qu’elle a permis une prise de conscience.

Photo Agence QMI, Mario Beauregard

Delphine Bergeron, l’une des administratrices de la page Dis son nom, défend mordicus sa démarche en disant qu’elle a permis une prise de conscience.

Une très controversée liste d’agresseurs sexuels allégués a été republiée cette semaine sur internet, au moment même où les personnes derrière cette initiative sont poursuivies pour diffamation.

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Malgré le procès à venir, il ne faut pas voir la récente mise à jour de la liste comme une provocation, assure l’une des administratrices du site Dis Son Nom, Delphine Bergeron.

« Aucun tribunal ne nous a dit d’arrêter, alors on continue nos opérations. La liste a permis une prise de conscience chez certains depuis cet été et on veut que ça continue », défend bec et ongles Mme Bergeron, qui n’a pas voulu spécifier si les allégations anonymes se retrouvant sur la page ont été contre-vérifiées.

Plus de 850 personnes

Chose certaine, la plupart des 861 individus inscrits sur la nouvelle liste n’ont jamais été condamnés ni même accusés de quoi que ce soit, ce qui fait dire à plusieurs qu’il s’agit de diffamation.

« Même quand tu dis quelque chose qui est vrai, ça peut être considéré comme de la diffamation à partir du moment où on considère que ce n’est pas d’intérêt public », dit l’avocat François-David Bernier.

Par exemple, Jean-François Marquis, qui s’était retrouvé sur la liste l’été dernier, a saisi la justice et réclame 50 000 $ en dommages moraux aux administratrices.

Il leur reproche de ne pas avoir cherché à le contacter pour vérifier les allégations et insiste pour connaître la teneur de celles-ci.

M. Marquis a obtenu gain de cause en Cour supérieure, mais les administratrices de Dis Son Nom ont interjeté appel, car l’une des deux administratrices de la page ne veut pas divulguer son nom.

« Elle garde son anonymat par crainte de représailles », explique sa comparse Delphine Bergeron, qui avance que l’identité des présumés abuseurs doit quant à elle être rendue publique sur internet afin de protéger la population.

Illustratrice judiciaire de profession, Mme Bergeron dit avoir confiance dans les tribunaux, contrairement à plusieurs victimes, et rappelle que le but de la liste n’a jamais été d’inciter les femmes à se faire justice elles-mêmes.