/news/society

Mieux soigner les troubles de la personnalité

Bien qu’ils soient un mal méconnu, les troubles de la personnalité sont de plus en plus préoccupants pour notre système de santé. 

Ce problème, qui touche environ 100 000 Québécois, complique la vie de nombreuses personnes. C’est notamment le cas de Jessica Sarraf, qui peine toujours à contenir ses émotions, même si cinq ans de thérapie de groupe lui ont permis de s’améliorer, 

«J'ai été diagnostiquée en 2012, après une tentative de suicide en couple que j'avais faite. Malheureusement, à ce moment-là, j'ai perdu mon conjoint de l'époque», raconte celle qui est aujourd’hui patiente-partenaire à l’Institut universitaire de santé mentale de Montréal.

Artiste dans l'âme, Jessica fait du théâtre pour faire connaître son mal.

«Quand l'émotion est difficile à gérer, moi, je tombe facilement dans la colère», avoue-t-elle.

Mais comment peut-on savoir si l’on souffre d’un trouble de la personnalité.

«L'instabilité dans les relations interpersonnelles, les comportements, beaucoup d'impulsivité, de la difficulté à se définir... On voit ça de façon plus manifeste au début de l'âge adulte», explique le Dr Pierre David, psychiatre à l’Institut universitaire de santé mentale.

Ce problème de santé mentale aussi répandu que la schizophrénie peut être lié à la génétique. Certaines personnes pourraient aussi avoir subi un traumatisme ou une agression pendant l'enfance.

«Personnellement, je sais pas d'où ça peut venir. J'ai grandi dans la guerre au Liban, puis j'avais un père agressif», mentionne Jessica Sarraf.

Contrairement à la dépression et l'anxiété, par exemple, on n'a pas encore découvert de médicament pour guérir le trouble de la personnalité parce que «la condition a plutôt tendance à être chronique».

Au cours des derniers jours, 600 participants du Québec et du monde francophone, en Suisse, en France, ont pris part à un colloque virtuel organisé par l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal pour discuter du problème.

«Qu'on prenne en compte que c'est un enjeu de santé publique, qu'on prenne en compte que ça coûte cher de toute façon parce que c'est des gens qui vont consulter à plein de niveaux», indique le Dr Pierre David.

Selon l'Institut national de santé publique, les trois quarts de ces patients voient un médecin de famille et 60 % un psychiatre. Un sur cinq a été hospitalisé, et 44% se retrouvent chaque année aux urgences.

De plus, les personnes atteintes d’un trouble de la personnalité vivent moins longtemps que les autres personnes. Une étude du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal montre que l'espérance de vie est réduite de 13 ans pour les hommes et de 9 ans pour les femmes. Les trois causes de décès les plus importantes sont les cancers, les maladies cardiovasculaires et les suicides.