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États-Unis: la dette liée aux investissements de Biden sera «gérable»

Les plans d'investissements présentés par Joe Biden ne pèseront pas sur la dette des États-Unis, a estimé jeudi sa secrétaire au Trésor Janet Yellen, mettant en avant les taux d'intérêt historiquement bas qui permettent de dépenser à moindre coût.

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«Je crois qu'au cours des prochaines décennies, le fardeau des intérêts sur la dette sera très gérable», a déclaré la ministre de Joe Biden, interrogée par des élus de la Chambre des représentants.

«Les taux d'intérêt sont exceptionnellement bas» depuis le début de la crise, a-t-elle souligné, et «la plupart des économistes pensent que cela va durer».

Cela permet d'emprunter de l'argent sans supporter le poids des intérêts à rembourser.

L'administration Biden présentera vendredi son premier budget annuel, qui comprend 6000 milliards de dollars de dépenses pour 2022, niveau le plus élevé depuis la Seconde Guerre mondiale, selon les informations du New York Times.

D'ici 2031, les dépenses totales doivent augmenter de 8200 milliards de dollars, sous le poids des deux plans d'investissements que Joe Biden veut faire adopter au Congrès et compte financer en partie par une hausse d'impôts, dont les républicains refusent d'entendre parler.

Janet Yellen a de nouveau plaidé pour ces plans, estimant qu'ils ne devraient pas contribuer à une accélération de l'inflation.

Elle a souligné qu'il fallait mettre en balance «le risque d'une cicatrice permanente» sur l'économie et d'une reprise lente avec «le risque faible que ces plans aient un effet inflationniste».

Elle a toutefois reconnu que c'était un risque qu'elle surveillait «de près». «Nous avons les outils pour y faire face», a-t-elle pour autant répété.

Pour elle, comme pour d'autres économistes, «l'inflation (...) sera temporaire» et n'est pas «endémique».

«Je pense que cela va durer quelques mois et que nous verrons des taux élevés d'inflation annuelle jusqu'à la fin de l'année», a-t-elle détaillé.

Les marchés s'inquiètent depuis plusieurs mois de l'inflation, poussée par la demande soutenue et par les difficultés d'approvisionnement au niveau mondial, avec une hausse particulièrement forte sur un an, en comparaison avec des prix en baisse au printemps 2020 sous l'effet du confinement.

L'indice d'inflation PCE, utilisé par la Banque centrale américaine (Fed), sera publié vendredi. Une autre mesure, l'indice CPI, a grimpé en avril à 4,2% sur un an.

Certains responsables de la Fed pensent qu'il faudra bientôt commencer à discuter d'un resserrement de la politique monétaire. Mais plusieurs responsables, dont le président de la Fed Jerome Powell, jugent cela prématuré, inquiets pour le marché du travail qui n'a pas encore retrouvé ses niveaux d'avant crise.

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