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«À vos affaires»: «Les gens nous font confiance» - Pierre-Olivier Zappa

PHOTO COURTOISIE/LCN

Depuis janvier, le sympathique et dynamique Pierre-Olivier Zappa anime «À vos affaires» à LCN, abordant de façon claire tous les sujets d’actualité économique. Et dire que le journaliste n’était pas passionné par le sujet il n’y a pas si longtemps! 

Pierre-Olivier, on peut dire qu’avec ce qu’on vit depuis un an, «À vos affaires» est arrivée au bon moment!

Oui, les gens se posaient des questions et n’avaient plus les mêmes repères qu’avant la pandémie, qui a déstabilisé bien des choses. On vit une nouvelle réalité à laquelle on doit s’adapter rapidement, et c’est normal qu’on s’interroge. Il y a un travail d’information à faire, celui de rassurer les gens lorsque certains dossiers sont plus difficiles. Chaque cas est unique, et il y a beaucoup de détresse aussi. Ce que l’on voit en ondes est une partie de mon travail, mais on appelle aussi des gens, on essaie de les aider quand ils ont des problèmes particuliers.

Comment est née l’idée de cette quotidienne à LCN?

Ça faisait quelques mois qu’on en discutait, et il s’agissait de trouver un format qui correspondrait à ce que le public désirait regarder en soirée. On a trouvé un concept dynamique, utile et divertissant. L’idée est de traiter de grosses nouvelles, qui peuvent déborder de la frontière de l’économie, pour les analyser de façon plus décontractée que dans un bulletin de nouvelles.

Les Québécois s’intéressant de plus en plus à l’économie et à leurs finances personnelles, le «timing» était bon...

Oui, et je suis reconnaissant de la réponse du public. On reçoit énormément de courriels, les gens nous regardent et nous font confiance, et c’est super apprécié en temps de crise. C’est valorisant. Oui, ils veulent s’occuper de leurs affaires. Un exemple: la tendance des petits investisseurs qui, depuis le début de la pandémie, ont décidé de gérer leurs placements et investissements eux-mêmes. Ça a explosé de ce côté-là, et ça témoigne qu’ils veulent en apprendre davantage et comprendre le monde qui les entoure. Tellement de choses changent à une vitesse fulgurante, tant les hausses de prix, les chaînes d’approvisionnement, les ruptures de stock... Je pense que l’économie touche plus que jamais notre portefeuille, mais aussi notre réalité quotidienne.

On peut penser au prix de vente des maisons...

Qui aurait cru, il y a un an, que l’immobilier allait atteindre des sommets, que les actifs les plus risqués, comme le Bitcoin, battraient des records? On vit le plus important ralentissement économique depuis des décennies, et les gens sont plus riches qu’avant la COVID. Le taux d’endettement a baissé, ça défie toutes les lois économiques et tous les livres qui ont été écrits sur les récessions. Habituellement, le prix des maisons et des matières premières baisse, et c’est le contraire qui se produit. C’est une pandémie qui a mis au défi les économistes et les analystes les plus brillants de ce monde.

Comment envisagez-vous l’avenir sur le plan économique?

Bien malin qui peut prédire ce qui nous attend dans six mois ou un an. Ça sera intéressant de voir comment, à moyen et long terme, la situation changera nos comportements. Plutôt que d’aller au resto et de voyager, les gens se sont dit qu’ils allaient améliorer leur environnement immédiat et faire des rénos. Ils se sont aussi découvert des passions et ont pris du temps pour voyager au Québec, voir des endroits où ils n’étaient jamais allés. J’ai hâte de voir si dans trois, quatre ans, le monde sera redevenu ce qu’il était avant la pandémie. Je pense quand même qu’il y a eu une prise de conscience de nos dépenses.

Il y a quelques années, l’économie ne vous attirait pas!

Honnêtement, j’ai trouvé ça plate durant un bon moment. Les dernières pages que je lisais dans un journal étaient celles sur ce sujet, avant que mes patrons décident de me confier l’économie à TVA. Je leur ai dit que je n’avais jamais lu un rapport annuel de ma vie. Ne venant pas de ce domaine et n’ayant pas un intérêt naturel pour ça, j’ai développé une capacité à vulgariser les choses parce que je n’étais pas un initié. Aujourd’hui, j’ai un bagage, j’ai appris et je me suis informé. J’ai une formation en communication et en sciences politiques, et il est intéressant de constater combien la politique et l’économie vont de pair.

Qu’est-ce qui vous branche le plus dans ce mandat?

La diversité. Chaque jour, il y a une nouvelle différente, et l’économie est si vaste! Une journée, le sujet d’actualité concerne le monde de la grande entreprise, le lendemain, c’est une transaction impliquant un géant québécois, et le jour suivant, ça peut être un programme d’aide qui va toucher les finances des citoyens. À la limite, tous les sujets d’actualité ont une dimension et un impact économiques.

Votre vie a-t-elle changé avec l’animation de votre émission?

C’est sûr que le rythme de travail est exigeant, ça demande une grande discipline, mais je réussis à passer beaucoup de temps en famille. Peut-être parce que c’est ce que mon père faisait. Il était caméraman, et j’ai grandi dans cette réalité que sont les nouvelles. À toute heure du jour, il pouvait être appelé à travailler, il tournait à l’extérieur, et malgré cela, il a été mon coach de hockey, mon plus proche conseiller quand j’ai fait mes premiers reportages. Je ne veux pas négliger mes fils, qui ont 2 et 5 ans. Ils sont fantastiques, ils sont vifs. Heureusement, je peux compter sur ma conjointe pour m’épauler. Ça fait longtemps qu’on est ensemble, j’avais 19 ans à nos débuts (il en a 33, NDLR). Et je l’aime comme au premier jour.  

«À vos affaires» est diffusée en semaine à 18 h 30, jusqu’au 18 juin, à LCN. L’émission reviendra en ondes le 23 août. Lisez aussi la chronique de Pierre-Olivier Zappa dans «Le Journal de Montréal».  

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