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Une troisième femme poursuit Gilbert Rozon

Une troisième femme vient d’intenter une poursuite contre Gilbert Rozon, à qui elle réclame 2,2 millions $ pour un viol qui serait survenu en 1988 ainsi que pour des abus et du harcèlement qui se seraient étalés sur deux ans. 

« Il a utilisé sa position de pouvoir et d’influence dans les sphères artistique, politique et sociale pour approcher et intentionnellement piéger plusieurs victimes, les agressant sexuellement avec l’expectative qu’elles n’auraient pas le courage de le dénoncer », affirme la comédienne et metteure en scène Danie Frenette, dans une poursuite civile déposée ce vendredi au palais de justice de Montréal.

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Après la comédienne Patricia Tulasne et la réalisatrice Lyne Charlebois, c’est donc au tour de Mme Frenette de s’attaquer à l’ancien magnat de l’humour, pour qui elle a travaillé de 1987 à 1990.

Chez Rozon  

À l’époque, la comédienne avait été approchée afin de créer un volet « animation de rue » du festival Juste pour rire. Travailleuse acharnée, Mme Frenette dit avoir été fière du succès du projet si bien que quand Rozon a organisé une fête de clôture chez lui à Outremont, elle s’y est rendue « avec hâte ».

Or, avant même de prendre un verre, Rozon l’aurait agrippée par le coude pour l’emmener en retrait et la violer. Mme Frenette dit avoir protesté sans succès.

« Sous le choc, confuse et paralysée par la honte, la demanderesse n’arrive pas à se démener », est-il indiqué dans le document de cour.

Par la suite, sous le choc, Mme Frenette dit avoir quitté la fête.

« Elle est alors en état de choc, elle se sent comme une survivante de bombardement », peut-on lire dans la poursuite civile.

Silence  

Par la suite, Mme Frenette dit avoir gardé le silence, par crainte que personne ne la croie, mais aussi parce que Rozon lui semblait intouchable.

« Il avait la gloire, la richesse et des amis influents, alors qu’elle commençait dans le milieu et n’avait aucun moyen de se défendre », peut-on lire dans la poursuite.

Sauf que Rozon aurait profité de cette situation pour abuser d’elle en plus de la harceler. Il aurait même fait une scène en public afin de faire croire qu’elle était sa maîtresse.

« À compter du moment où Mme Frenette tombe enceinte en janvier 1990, sont emploi devient un enfer total, jusqu’à son congédiement juste avant le début de son congé de maternité », indique la poursuite civile.

Mme Frenette, qui dit s’être confiée à quelques personnes en 1988, a toutefois décidé de sortir de l’ombre en 2017, entre autres en participant à la fondation du collectif Les Courageuses, qui avaient intenté une action collective de plus de 10 millions $ contre Rozon. 

La Cour d’appel avait toutefois empêché à cette poursuite d’aller de l’avant, expliquant que chaque plaignante devait plutôt poursuivre individuellement.Et c’est exactement ce que Mme Frenette a fait aujourd’hui, étant donné les graves répercussions que le viol allégué a eues sur sa vie tant au niveau personnel que professionnel.

« N’ayant plus confiance en rien ni personne, elle se sentait insécure et avait peur d’être abandonnée », indique le document de cour qui chiffre à 30 000 $ minimum ses pertes annuelles depuis 30 ans en raison des agissements de Rozon.

À moins d’un règlement hors cour, la poursuite sera présentée prochainement devant la Cour supérieure du Québec.

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