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Pensionnats autochtones : des restes d’enfants trouvés au Québec ?

Des restes d’enfants ayant fréquenté des pensionnats autochtones pourraient bien être trouvés au Québec, estiment des expertes, alors que plus de 200 dépouilles ont été découvertes récemment en Colombie-Britannique.

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Une douzaine de pensionnats ont été actifs en sol québécois à compter des années 1930 sur une période d’environ 50 ans, notamment à Fort Georges et à Amos. Si des recherches étaient entamées, le bilan ne serait pas aussi lourd qu’en Colombie-Britannique, estime Marie-Pierre Bousquet, directrice du programme en études autochtones à l’Université de Montréal. 

« Il ne faut pas oublier que les pensionnats ont ouvert beaucoup plus tard au Québec et qu’il est probable que les parents des enfants qui sont décédés étaient plus en contact avec les pensionnats », explique l’anthropologue.

La Commission vérité et réconciliation estime aujourd’hui que plus de 4 100 enfants sont décédés dans les pensionnats du Canada. Pour l’heure, 18 ont été identifiés au Québec.

La semaine dernière, les restes de 215 enfants, dont certains étaient âgés de 3 ans, ont été retrouvés au parc patrimonial de Tk’emlups. Le pensionnat autochtone concerné est le Kamloops Indian Residential School, ouvert en 1890. Il était le plus important pensionnat du système des pensionnats autochtones au pays.

Conditions horribles

Mme Bousquet soutient qu'il faut maintenant faire la lumière sur ce qui est concrètement arrivé à ces enfants et plus précisément combien d’entre eux ont péri dans les pensionnats canadiens.

Pour Konstantia Koutouki, professeure spécialisée en droits des peuples autochtones à l’Université de Montréal, « les conditions dans ces écoles étaient horribles partout au Canada. Un endroit n'était pas nécessairement meilleur qu'un autre étant donné que l'objectif était le même partout au pays », soit d’assimiler. 

« La même façon de penser qui a donné naissance à ces écoles et aux horreurs commises est toujours d'actualité et nous voyons des exemples de son impact sur les peuples, les communautés et les nations autochtones, chaque jour », ajoute Mme Koutouki.

Longue route

Samedi, Ghislain Picard, le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) a fait part dans une déclaration écrite de son « indignation » face à la découverte des restes des enfants en Colombie-Britannique. 

« Au nom des chefs de l’APNQL, je joins ma voix à celle de nos sœurs et frères des quatre directions, pour exprimer nos pensées les plus profondes devant l’innommable qui s’ajoute comme obstacle, à notre longue route vers la guérison », indique-t-il.

Par coïncidence, un projet de loi visant à instaurer un jour férié pour honorer la mémoire des victimes et survivants des pensionnats autochtones a été adopté vendredi par les élus fédéraux.

-Avec l’Agence QMI

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