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L’historien Jacques Lacoursière est décédé

PHOTO D'ARCHIVES, AGENCE QMI

L’un des plus grands raconteurs du Québec, Jacques Lacoursière n’est plus. L’auteur et historien est mort à 89 ans, dans la nuit de lundi à mardi, a confirmé Gilles Herman, directeur général des Éditions du Septentrion, son principal éditeur, à l’Agence QMI.

«Ce n’est pas une surprise, mais ça reste un choc. Ce n’est pas un secret: M. Lacoursière souffrait d’Alzheimer depuis maintenant plusieurs années. Sa santé s’est dégradée dans les derniers jours, mais ça fait plusieurs années qu’il avait plus de difficultés au niveau cognitif.»

Expert en vulgarisation, Jacques Lacoursière a partagé ses riches connaissances de la province dans divers livres, dont ceux de sa série «Histoire populaire du Québec» comprenant cinq tomes. Le premier d’entre eux s’intéresse aux origines de notre vaste territoire jusqu’en 1791, année où a été instaurée une nouvelle constitution.

Pour Gilles Herman, il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’une lourde perte pour le Québec.

«Son leg est immense. Il a donné envie de connaître l’Histoire et de l’écouter à tellement de personnes. Il était généreux, humble, connaissant. Il s’intéressait autant aux gens qu’il rencontrait qu’aux gens qu’il découvrait dans les archives. Je pense que le mot “populaire” est un mot noble qui lui convient.»

«C’est une perte immense pour le Québec; on lui doit beaucoup. Beaucoup d’historiens et d’historiennes lui doivent leur vocation, tout simplement.»

De plus, Jacques Lacoursière a été l’un des cofondateurs du journal «Boréal Express» publié pendant une dizaine d’années à partir de 1962.

Il a aussi maintes fois parlé du Québec à la radio et à la télévision. Il a participé à l’élaboration de séries québécoises historiques comme «Duplessis» (1978) réalisée par Denys Arcand et voyant Jean Lapointe prêter ses traits à Maurice Duplessis, ou encore «Épopée en Amérique» (1997), lui qui a assuré la narration pour le réalisateur Gilles Carles.

Né le 4 mars 1932 à Shawinigan, l’homme ne se destinait pas à une carrière en histoire, mais plutôt en prêtrise. Plus tard, il avait décidé d’étudier le droit.

Au cours de sa vie, la contribution de l’historien a été maintes fois reconnue. Il a, entre autres, été fait Chevalier de l’Ordre national du Québec, a reçu une médaille de l’Académie des lettres du Québec, est devenu membre de l’Ordre du Canada, a accepté la Légion d’honneur de la France et s’est vu remettre l’insigne de Chevalier de l’Ordre de la Pléiade.

Jacques Lacoursière était le frère de Louise Lacoursière, prolifique romancière et biographe québécoise à qui l’on doit notamment la saga historique «La Saline».

Il laisse également dans le deuil sa conjointe et ses enfants.

Nombreux éloges pour Jacques Lacoursière

Le décès de l’historien Jacques Lacoursière, qui n’a laissé personne indifférent avec ses talents de vulgarisateur et sa passion pour l’histoire du Québec, a entrainé une pluie d’éloges mardi provenant de nombreuses personnalités.

- Camil Bouchard, politicien et psychologue

«Jacques Lacoursière: il m'a enseigné l'histoire au classique. Il était passionnant. Avec lui, l'Histoire devenait un thriller. J'ai eu de la chance»

- Mélanie Joly, ministre du Développement économique et des Langues officielles

«Le grand vulgarisateur de l’histoire du Québec, Jacques Lacoursière, nous a quittés aujourd’hui. Ses ouvrages resteront toujours avec nous, dont Histoire populaire du Québec et Boréal Express. Merci, Jacques. On pense à toi et à tes proches en cette triste journée.»

- Valérie Plante, mairesse de Montréal

«Un grand historien s'éteint aujourd'hui. Jacques Lacoursière a largement contribué à démocratiser l’histoire du Québec dans toute sa complexité. J'envoie mes condoléances à ses proches et à sa famille.»

- Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

«Il a rendu populaire une histoire trop méconnue. Grâce à Jacques Lacoursière, des milliers de Québécois ont appris à aimer notre épopée. Mes condoléances à sa famille et à ses proches.»

- François-Philippe Champagne, ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie

«Je suis très attristé d'apprendre le décès de l'historien Jacques Lacoursière. Natif de Shawinigan, il était un vulgarisateur hors pair et une sommité dans son domaine. Il laissera sans aucun doute une marque indélébile en Mauricie et à travers le Québec.»

- Jean-Yves Duclos, président du Conseil du Trésor

«C’est avec tristesse que j’apprends le décès de Jacques Lacoursière. Grand historien, il a partagé sa passion pour la richesse de l’histoire québécoise avec toute la province. Mes profondes condoléances à sa famille et ses proches.»

- Nathalie Roy, ministre de la Culture et des Communications

«Jacques Lacoursière a fait découvrir l'histoire du Québec à des milliers de Québécois, petits et grands. J'offre mes plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches.»

- François Legault, premier ministre du Québec

«J’apprends avec tristesse le décès de l’historien et auteur québécois Jacques Lacoursière. Je souhaite offrir mes plus sincères condoléances à sa famille et ses proches. On se souviendra de lui, notamment pour la série «Épopée en Amérique».