/news/coronavirus

Québec célèbre son retour en zone orange

Quebec

Photo Stevens Leblanc

Même si le beau temps était absent de ce rendez-vous tant attendu, le passage en zone orange a été salué hier par les citoyens de Québec qui se sont réapproprié leurs habitudes de vie. Ouverture des salles à manger, des gymnases, retour en classe pour les élèves de 3e, 4e et 5e secondaire et permission, depuis hier, de manger du pop-corn dans les salles de cinéma, ce sont là quelques exemples d’allègement vers un retour à une vie plus normale.

En manque de contacts sociaux  

Andrée Forest, gérante au Café Castelo

Photo Stevens Leblanc

Andrée Forest, gérante au Café Castelo

Andrée Forest, gérante au Café Castelo, était émue de servir ses clients hier matin. « Ma drogue, c’est les contacts sociaux ! Avec le take-out, j’avais juste des petites doses. Ce matin, je suis choyée, enfin. Tout le monde a besoin de ça. C’est super l’fun. Je suis bien contente », a-t-elle affirmé. 

Dans son café, des clients profitaient paisiblement des lieux. 

« Ça fait longtemps qu’on attendait de pouvoir s’asseoir ici. C’est un café que je fréquente régulièrement. C’est le plaisir de prendre une pause dans la journée, même si je suis retraité. On ne peut pas rester tout le temps dans la maison », a dit Julien Bilodeau, un habitué de l’endroit.

Excités de recommencer  

Kathy Rioux du Café Krieghoff.

Photo Stevens Leblanc

Kathy Rioux du Café Krieghoff.

Pendant que Joe Dassin chantait L’Été indien, Kathy Rioux, propriétaire du Café Krieghoff, sur l’avenue Cartier, était heureuse d’accueillir ses clients dans la salle à manger. 

« C’est une belle journée ! Ça va très bien. Les gens sont au rendez-vous. On sert les déjeuners à partir de 8 h et il y avait déjà des clients qui attendaient à l’ouverture des portes », dit-elle. 

Pendant que la restauratrice s’assurait que les clients ne manquent de rien, le chef, Dominic Bérubé, s’affairait pour sa part dans la cuisine, où régnait l’odeur d’une bonne soupe réconfortante en cette journée de grisaille. « Les employés sont excités de recommencer. On est bien content de cette reprise », a-t-il confié au Journal.

Revenir à une vie normale  

Jacques Michaud

Photo Stevens Leblanc

Jacques Michaud

Même si la journée d’hier était nuageuse, les gens rencontrés sur l’avenue Cartier étaient de bonne humeur. Attablé à une terrasse, Jacques Michaud faisait partie de ce nombre. 

« On célèbre la reprise de la vie normale », a-t-il affirmé. 

Après les confinements et les déconfinements successifs, cette fois-ci, il espère bien que c’est la bonne. 

« On garde les doigts croisés. Avec les variants, on est un peu dans la brume, mais moi j’ai confiance. Au Québec, on voit que les gens ont répondu à la campagne de vaccination. J’ai eu mon deuxième vaccin et je suis très heureux. C’est très encourageant et on souhaite que ça continue », a-t-il dit.

Les restaurants pas tous déjà ouverts  

Patricia Diez

Photo Stevens Leblanc

Patricia Diez

À la recherche d’un restaurant pour l’heure du lunch, Patricia Diez et Zorica Vjordjevic se sont butées à quelques portes closes en cette première journée en zone orange à Québec.

« Ça fait quatre ou cinq restaurants qu’on essaie, mais c’est fermé. On s’attendait à une belle ouverture pour cette grande journée, mais ce n’est pas grave. Ça va finir par arriver. On va trouver un endroit qui est ouvert », a dit Patricia Diez.

Zorica Vjordjevic

Photo Stevens Leblanc

Zorica Vjordjevic

« On va marcher et si on ne trouve rien, on va aller manger à la maison », a lancé Zorica dans un éclat de rire. Les deux collègues ont repris leur route en quête d’un restaurant.  

Une pause du télétravail  

Michèle Lupien au Café Castelo.

Photo Stevens Leblanc

Michèle Lupien au Café Castelo.

Michèle Lupien était heureuse de pouvoir déguster un cappuccino « en société », assise à une table du Café Castelo.

Contente de pouvoir faire une petite pause à l’extérieur de son domicile, où elle est en télétravail, elle savourait l’instant présent. 

« Ça fait un bien incroyable ! On peut enfin s’asseoir pour relaxer un peu avant de retourner en télétravail, c’est merveilleux. Je prends une petite pause d’une demi-heure et je retourne au boulot. Comme je n’habite pas très loin, ça se fait bien. Je suis vraiment contente », a dit Mme Lupien, qui rêve déjà à ses prochains voyages.

De retour sur les bancs d’école à temps plein  

Laura Arsenault, Charlotte Cloutier, Jason Labrie et Étienne Racine, élèves de 4e et 5e sec. de l’école Jean-de-Brébeuf.

Photo Daphnée Dion-viens

Laura Arsenault, Charlotte Cloutier, Jason Labrie et Étienne Racine, élèves de 4e et 5e sec. de l’école Jean-de-Brébeuf.

Les élèves de la troisième à la cinquième secondaire étaient de retour en classe à temps plein hier, un changement bien accueilli par la plupart des jeunes rencontrés par Le Journal hier midi. « On va avoir plus de temps en classe pour réviser avant les examens », se réjouit Dalanda Ali, une élève de quatrième secondaire de l’école Jean-de-Brébeuf, qui devra toutefois se réhabituer à se lever tôt tous les jours. D’autres élèves constatent que les corridors de leur école semblent bien étroits maintenant que tous les élèves sont de retour. « Ça fait du bien de se revoir, mais on dirait que l’école est rendue trop petite », lance Jason Labrie, un élève de quatrième secondaire.

« Injuste » pour les salles de yoga  

Amélie Beaumont du Yoga Fitness.

Photo Stevens Leblanc

Amélie Beaumont du Yoga Fitness.

Chez les propriétaires de centre de yoga, on était « abasourdis » de la décision de la Santé publique de ne pas permettre leur réouverture. Puisqu’il s’agit d’entraînement de groupe, ceux-ci doivent être fermés une semaine de plus. 

« On n’est pas contents de ça », a réagi Amélie Beaumont du Yoga Fitness. Elle se disait aussi fâchée de voir plusieurs salles de gym annoncer des entraînements de CrossFit, donc en groupe.

« On est comme tombés dans une craque », plaide-t-elle. « On est à plus de deux mètres dans un espace désinfecté avec son propre matériel, plaide Mme Beaumont, c’est injuste ». 

Enfin en salle!  

Maxim Lacoursière faisant de la musculation au Gym Le Chalet.

Photo Stevens Leblanc

Maxim Lacoursière faisant de la musculation au Gym Le Chalet.

Plusieurs irréductibles de gym avaient hâtent de retrouver les équipements d’entraînement inaccessibles à la maison ou à l’extérieur. « Je n’aime pas faire de cardio ; ce qui me manquait, c’est les appareils de musculation », disait Maxim Lacoursière qui a fait du jogging dans les derniers mois. 

Terence Burke recevait quant à lui des conseils de son entraîneur devant le miroir du gym le Chalet après avoir passé quelques semaines à s’être entraîné dehors. « Ça fait du bien », s’est-il exclamé. À l’extérieur, les deux sportifs étaient tributaires de la température.

Masque en tout temps  

Gabriel Hardy du Gym Le Chalet.

Photo Stevens Leblanc

Gabriel Hardy du Gym Le Chalet.

Contrairement à ce qui avait été décidé lors de la brève ouverture des gyms en mars, les gens qui s’entraînent doivent garder le masque en tout temps, même pendant l’effort. Une situation qui a amené de la confusion pour plusieurs clients, selon Ève Fortin, directrice du centre de boxe Empire Académie. « J’ai perdu des clients ce matin qui ne voulaient pas s’entraîner avec un masque », indique celle qui espère une diminution des mesures dans les prochaines semaines. 

Autre tuile, la réouverture survient au moment où les salles sont moins achalandées en raison du beau temps. « Ça va être un bon défi », avouait Gabriel Hardy du Gym Le Chalet et porte-parole de l’industrie du conditionnement physique. 

La Santé publique au Méga Gym  

Dan Marino du Mega Gym Fitness.

Photo Stevens Leblanc

Dan Marino du Mega Gym Fitness.

La réouverture du maintenant célèbre Mega Gym Fitness, du propriétaire Dan Marino, s’est faite avec la présence de représentants de la Santé publique venus vérifier que tout était conforme. Il faut dire que des effectifs avaient été ajoutés à l’entrée, où une employée avec un gilet jaune fluorescent accueillait les clients en leur rappelant les consignes.

Dan Marino a fait un retour sur les événements du mois de mars. D’abord, il a admis avoir « sous-estimé le virus ». Mais il refuse d’être étiqueté comme le commerce à l’origine de la troisième vague à Québec. « Ici, il y a eu 123 cas, clame-t-il, vous pouvez bien frapper sur moi et dire qu’il y a eu 700 cas, c’est des suppositions ».