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Le REM aurait pu passer au centre-ville sans être aérien

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Le Réseau express métropolitain (REM) aurait pu traverser le centre-ville de Montréal sans être juché sur une structure aérienne. Mais l'option du train en hauteur a coiffé deux alternatives terrestres au fil d'arrivée, révèle un rapport.

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Selon les plans actuels, la branche est du train électrique de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) passera dans les airs sur le boulevard René-Lévesque, en plein centre-ville de Montréal. L'arrivée d'ici 10 ans de ce tronçon aérien soulève les passions depuis l'annonce du projet.

Pourtant, la Caisse n'a jamais eu les mains liées. La filiale qui chapeaute le projet, CDPQ Infra, a rejeté plusieurs scénarios alternatifs, dont deux qui prévoyaient un tracé au sol au centre-ville, a pu constater le 24 heures en consultant une étude comparative diffusée au mois de mai, et qui était jusqu'à maintenant passée sous silence.

Les ingénieurs qui l'ont réalisée pour le compte de la Caisse ont évalué trois formats de transport pour cette nouvelle portion du REM, qui doit s'étaler sur une trentaine de kilomètres et relier le centre-ville à Montréal-Nord et à Pointe-aux-Trembles.

Selon eux, trois scénarios se présentaient: utiliser un tramway, un «tram-train» ou un métro léger. Les structures auraient chacune eu des conséquences différentes sur le paysage urbain: 

  • Le tramway aurait permis de maintenir les voitures au sol tout le long de René-Lévesque et de Notre-Dame, jusqu'à la pointe de l'île. 
  • Le «tram-train», espèce de mode hybride entre le tramway et le train aérien, aurait permis au REM de circuler au sol au centre-ville entre le boulevard Robert-Bourassa et la rue Dufresne. Les voitures auraient ensuite pu emprunter un tracé aérien dans l’Est. 
  • Comme on le sait, le métro léger (qui est utilisé sur le reste du tracé du REM) implique une voie aérienne au centre-ville.  

Le métro léger est plus rapide

Le rapport d’une trentaine de pages, intitulé Choix du mode pour l’est de Montréal, recommande l'adoption d'un métro léger, notamment pour des raisons de vitesse de transit.

«Le tram-train serait une alternative à considérer. Mais la perte de vitesse commerciale en centre-ville avec une insertion au sol est préjudiciable», peut-on lire dans le document produit par la firme d’ingénieurs AECOM-SYSTRA, qui a pu être consulté par les citoyens qui participent aux consultations publiques sur le REM de l’Est.

Selon les calculs d’AECOM-SYSTRA, le métro léger peut circuler à environ 42 km/h, contre 35 km/h pour le tram-train et 29 km/h pour le tramway. Le métro léger offrirait également une capacité deux fois plus importante que le tramway, évoque la firme.

CDPQ Infra a mis la main sur le rapport le mois dernier. L'organisme maintient s'être plié aux recommandations d'AECOM-SYSTRA.

«Avec les autres modes, le risque est bien réel de laisser des voyageurs sur les quais, a souligné dans une déclaration sa directrice des affaires publiques, Virginie Cousineau. En raison des contraintes liées à la circulation, les tramways et le tram-train [influencent] non seulement la capacité, mais aussi la fréquence [du REM], ce qui impacte son attractivité.»

Pas l'unanimité

Le métro léger nécessite la mise sur pied d’une structure en hauteur tout le long du tracé. Depuis le début de l'année, l’arrivée d’une telle installation ne fait pas l’unanimité.

La semaine dernière, le premier ministre François Legault était forcé de sortir pour assurer aux Montréalais que le tronçon aérien du REM au centre-ville serait «beau». Quelques jours plus tôt, CDPQ Infra présentait sa vision pour le tracé aérien, qui s’inspirerait de l’architecture de plusieurs modes de transport à travers le monde.

Virginie Cousineau assure que les Montréalais pourront être «fiers» du tracé aérien du REM au centre-ville. «On veut vraiment que dans tous les quartiers, les gens s’approprient ce projet-là», a-t-elle signifié.

Les consultations publiques du REM de l’Est se poursuivent jusqu’à la mi-juin.