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Montréal: les ingénieurs en grève déchirent le rapport Charbonneau

Photo d'archives, Agence QMI

Sans convention collective depuis près de trois ans, les ingénieurs de la Ville de Montréal entrés en grève illimitée vont déchiqueter mercredi le rapport de la commission Charbonneau, qui recommandait un renforcement de l’expertise interne en ingénierie.

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Le Syndicat professionnel des scientifiques à pratique exclusive de Montréal (SPSPEM) recourt à cette action symbolique pour dénoncer l’inertie de l’administration de la mairesse Valérie Plante dans la mise en œuvre des recommandations du rapport de la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction (CEIC).

«Dix ans après la commission Charbonneau, il est plus que temps que les élus prennent la décision de reconstruire notre savoir-faire et de rompre avec notre entière dépendance face aux firmes de génie-conseil privées», a indiqué Marie-Eve Dufour, présidente du SPSPEM.

Pour étayer son propos, la présidente du syndicat affirme que les recommandations de la commission Charbonneau sont ignorées.

Le syndicat en veut pour preuve les contrats accordés aux firmes externes qui ont explosé de 674 % entre 2012 et 2020, passant de 23 millions $ à 173 millions $.

«En matière de renforcement de l'expertise interne en ingénierie, Valérie Plante ne fait pas mieux que Gérald Tremblay ou Denis Coderre. Pour le moment, il n'y a aucune volonté d'augmenter l'attraction et la rétention d'ingénieurs expérimentés», a déploré Mme Dufour.

Le syndicat dit se heurter dans les négociations à une «fermeture complète» de l’employeur, d’où le recours au débrayage.

Le SPSPEM représente 530 professionnels employés de la Ville, dont des ingénieurs, chimistes, arpenteurs-géomètres et médecins-vétérinaires.

Réactions à la mairie

La mairesse Valérie Plante a de son côté souligné que les négociations sont toujours en cours. Elle a rappelé que son administration avait déjà trouvé un terrain d’entente avec d’autres syndicats d’employés de la Ville, dont les cols bleus et les pompiers.

«Je souhaite qu’on trouve une solution. En même temps, je dois respecter la capacité de payer des Montréalais, a-t-elle souligné. J’espère qu’on va se rencontrer au milieu et on fera tout le travail pour le faire.»

De son côté, le candidat à la mairie Denis Coderre a tenu à rappeler que son administration avait mis sur pied le bureau de l’inspecteur général en 2014.

«On doit s’assurer du professionnalisme de notre administration. On doit avoir les outils nécessaires pour avoir ce chien de garde dans la mise en place des contrats», a-t-il mentionné.

Il a également souligné qu’il «n’avait pas peur d’ouvrir sa porte» pour parler aux syndicats lors de son passage à la mairie. M. Coderre s’est également prononcé en faveur de l’idée de pouvoir transférer des employés d’un arrondissement à l’autre.

- Avec Félix Lacerte-Gauthier

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