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Pensionnats autochtones: l'absence d'excuses de l'Église est «honteuse» selon le ministre Miller

L’absence d’excuses du Pape et de l’Église catholique pour son rôle dans la gestion des pensionnats autochtones au Canada est «honteuse», a jugé mardi Marc Miller, le ministre des Services aux autochtones. 

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Les appels de groupes autochtones à des excuses du Pape se sont multipliés ces derniers jours après la découverte des restes de 215 enfants autochtones sur le site d’un ancien pensionnat en Colombie-Britannique, géré par l’église catholique au nom du gouvernement.

Interrogé pour savoir s’il soutenait ces appels à des excuses papales, le ministre a répondu «tout à fait» lors d’un point presse.

«Je pense que c’est honteux qu’ils ne l’aient pas fait encore, que ça n’ait pas été fait à ce jour», a regretté M. Miller. «Il y a une responsabilité qui repose directement sur les épaules de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC)», a-t-il ajouté.

Cette dernière a estimé lundi que la découverte de Kamloops était «bouleversante» et fait part de sa «profonde tristesse».

Mais quelques heures après les déclarations du ministre, l'archevêque de Vancouver Michael Miller a présenté ses "excuses" sur les réseaux sociaux.

«À la lumière de la révélation bouleversante (de la découverte) des restes de 215 enfants de l'ancien pensionnat indien de Kamloops, je vous écris pour présenter mes sincères excuses et profondes condoléances aux familles et aux communautés qui ont été dévastées par cette terrible nouvelle», a déclaré Mgr Miller dans un communiqué.

Il s'est engagé à «faire preuve d'une transparence totale» en rendant accessibles les archives et dossiers de l'archidiocèse concernant tous les pensionnats.

«L'Église a incontestablement eu tort de mettre en oeuvre une politique gouvernementale colonialiste qui a été dévastatrice pour les enfants, les familles et les communautés», a-t-il aussi jugé.

AFP

L’ancien pensionnat de Kamloops était l’un des 139 établissements du genre mis en place dans le pays à la fin du 19e siècle, et qui ont existé jusque dans les années 1990. 

En 2018, les députés canadiens ont adopté une motion pour demander au Pape des excuses personnelles au nom de l’Église catholique canadienne, après s’être heurtés à un premier refus du pape François, qui avait suscité la déception du premier ministre Justin Trudeau.

En 2009, le pape Benoît XVI avait exprimé ses regrets pour les abus dont ont été victimes les enfants autochtones canadiens -- indiens, métis et inuits -- de la part de l’Église catholique, dénonçant la conduite «déplorable» de certains membres du clergé.

En outre, le ministre Miller s’est rappelé une anecdote partagée par un autochtone à propos de ces pensionnats où les élèves — qui souffraient souvent de malnutrition — étaient «punis» pour avoir mangé des pommes des vergers ou des œufs destinés au marché.

«C’était des camps de travail», a jugé le ministre. Assimiler ces pensionnats à «une école est probablement un euphémisme», a-t-il ajouté.

Quelque 150 000 enfants autochtones y ont été enrôlés de force, où ils ont été coupés de leur famille, de leur langue et de leur culture. En 2015, une commission nationale d’enquête a qualifié ce système de «génocide culturel».

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