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L'inquiétante humeur de François Legault

Au Québec, la vaccination va bien, la COVID recule, on déconfine, l'économie reprend (enfin, selon le ministre des Finances).

L'appui au gouvernement est stratosphérique; les partis d'opposition vont mal.

Mais François Legault est d'humeur massacrante. Cherchez l'erreur.

Frapper 

À la période de questions hier, il faisait même penser au joueur des Jets Mark Scheifele, avant qu'il ne finisse par agresser Jake Evans: il cherchait à frapper tous les adversaires sans distinction!

Plusieurs de ses réponses étaient empreintes d'une arrogance étonnante.

Il a par exemple présumé que la co-porte-parole de QS Manon Massé et le chef parlementaire du PQ Pascal Bérubé ne comprenaient pas la «différence entre des actions cotées en bourse puis des actions dans une entreprise privée».

À ses yeux, les entrepreneurs possédant des actions dans une entreprise privée, comme Pierre Fitzgibbon, semblent avoir des facultés supérieures.

Au PLQ, seul semble se qualifier Pierre Arcand, mais, a souligné le premier ministre, il n'a pas de «bonnes relations» avec sa chef; et se souvient avec douleur avoir beaucoup perdu, lorsqu'il fut contraint de vendre ses actions.

(M. Arcand m'en a d'ailleurs parlé en entrevue à QUB radio. Il appuyait toutefois les règles du code existant et incitait M. Fitzgibbon à s'y conformer. C'est le prix à payer, avait-il dit en substance)

Déclarations surprenantes 

Ce matin, le premier ministre a fini par avancer une audacieuse thèse: «Si on en avait eu [des entrepreneurs] dans les gouvernements précédents, bien, le Québec n'aurait pas l'écart de richesse [avec le reste de l'Amérique du Nord] qu'on a actuellement.»

En échange avec Pascal Bérubé du PQ, il a semblé vouloir imiter Jean Charest, affirmant que «le Parti québécois [...] ce qui les intéresse, c'est la souveraineté». Avant d'ajouter : «À chaque fois que je parlais d'économie dans le caucus, ça n'intéressait pas personne.»

Étrange, M. Legault se réfère souvent – pas plus tard que mercredi – à Bernard Landry. Est-ce à dire que ce dernier et Lucien Bouchard ne l'écoutaient pas?

Perte importante 

On comprend que pour le premier ministre, la perte d'un Pierre Fitzgibbon est douloureuse. Ce financier hyperactif, au franc-parler parfois rafraîchissant, mais surtout un architecte de la politique de développement économique du gouvernement, manquera au conseil des ministres.

Mais il demeure député. Pourra être consulté, comme le ministre des Finances Éric Girard l'a admis hier.

Et c'est loin d'être une perte définitive. Il semble que M. Fitzgibbon n'aura pas de mal à vendre ses fameuses actions le mettant en délicatesse avec le code d'éthique.

Une fois sa situation régularisée, il retrouvera son poste. À moins qu'autre chose ne l'en empêche? Est-ce cela qui inquiète M. Legault?

Sinon pourquoi le premier ministre s'adonne-t-il à ces «raccourcis hallucinants», comme s'en étonnait hier en chambre Dominique Anglade, dans une rare sortie sentie? Pour marquer des points politiques?

Je vous entends me dire: une grande fatigue covidienne le rend peut-être acariâtre. Chef de gouvernement en pleine crise sanitaire est tout sauf aisé!

Si oui, vivement les vacances pour notre premier ministre, car l'épuisement semble lui faire oublier actuellement sa promesse de 2018 de gouverner avec «humilité», «humanité» et «ouverture».

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