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Le triomphe de La déesse

Le producteur Luc Vandal et la réalisatrice Anaïs Barbeau-Lavalette ont accepté l’Iris du meilleur film pour <em>La déesse des mouches à feu</em>.

Photo courtoisie, Eric Myre

Le producteur Luc Vandal et la réalisatrice Anaïs Barbeau-Lavalette ont accepté l’Iris du meilleur film pour La déesse des mouches à feu.

Le drame La déesse des mouches à feu est sorti grand gagnant de la 22e édition du Gala Québec Cinéma, dimanche soir, en remportant sept prix Iris dont ceux du meilleur film et de la meilleure réalisation. Les deux actrices principales du film, Kelly Depeault et Caroline Néron, ont aussi récolté chacune une statuette. 

La logique a donc été respectée. Donné favori avec une quinzaine de nominations, La déesse des mouches à feu a finalement transformé sept de ces citations en prix. 

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Fort d’une récolte de trois Iris au Gala des artisans jeudi, le long métrage d’Anaïs Barbeau-Lavalette adapté du roman de Geneviève Pettersen a ajouté dimanche quatre trophées à sa collection en repartant avec les prix du meilleur film, de la meilleure réalisation, de la révélation de l’année (remis à Kelly Depeault) et de la meilleure actrice de soutien (Caroline Néron). 

Après Antigone de Sophie Deraspe l’an passé, c’est la seconde année d’affilée que les Iris du meilleur film et de la meilleure réalisation sont remis à un long métrage réalisé par une femme cinéaste. Avant Deraspe et Barbeau-Lavalette, une seule autre réalisatrice avait eu droit à cet honneur depuis la création du gala, en 1999, soit Léa Pool, en 2016, pour La passion d’Augustine.

En allant chercher l’Iris de la meilleure réalisation, Anaïs Barbeau-Lavalette en a d’ailleurs profité pour livrer un message d’encouragement à ses collègues réalisatrices. 

« Je veux parler à nous, les femmes et les filles, a-t-elle lancé. Nos voix ont pris du temps à émerger, mais elles ont toujours été là. On a notre propre façon de mettre en scène, mais ne nous transformons pas. Le cadre s’adaptera à nous et le monde en sera plus beau et plus vaste. Continuons ! » 

Discours émouvant 

Caroline Néron a quant à elle livré un discours émouvant en allant cueillir l’Iris de la meilleure actrice de soutien. Très émue, la comédienne a eu du mal à retenir ses larmes en s’adressant à sa fille qui était présente dans la salle. Le personnage de mère à fleur de peau qu’elle incarne dans La déesse des mouches à feu lui a permis de renouer avec le métier d’actrice, après avoir fait face à des difficultés financières avec son entreprise de bijoux.

« Ça me touche énormément, surtout à cause du timing, a avoué Caroline Néron. La vie est faite d’épreuves et quand on arrive à les surmonter, de belles choses peuvent arriver. [...] On peut tomber, se relever et réaliser de belles choses. » 

Quatre prix pour Souterrain 

Après avoir été récompensé à deux reprises au gala des artisans jeudi, le film Souterrain a décroché deux autres prix Iris dimanche soir : celui du meilleur scénario et celui du meilleur acteur de soutien, remis à Théodore Pellerin. Ce drame de Sophie Dupuis (Chien de garde) qui se déroule dans l’univers des mines, en Abitibi, vient tout juste de prendre l’affiche au Québec. 

« Je veux remercier les acteurs du film, mais aussi les travailleurs miniers qui m’ont ouvert leurs portes et leur cœur, a indiqué Sophie Dupuis en allant cueillir son prix. Ce film est mon hommage que je vous offre. Merci Val-d’Or ! »

Dans les catégories d’interprétation, Sébastien Ricard a été sacré meilleur acteur pour son rôle d’un frère enseignant dans Le Club Vinland alors qu’Émilie Bierre a mis la main sur l’Iris de la meilleure actrice pour sa performance dans le drame Les Nôtres, sorti en salle tout juste avant le début de la pandémie.

Pour sa toute première expérience à la barre d’un gala, la comédienne Geneviève Schmidt a tenté du mieux qu’elle pouvait de mettre un peu de vie et de folie à cette cérémonie qui manquait cruellement d’ambiance, restrictions sanitaires obligent. Elle a toutefois eu du mal à trouver le bon ton et la bonne énergie, notamment pendant le très maladroit monologue d’ouverture du gala, qui n’a jamais vraiment levé.  

Les surprises  

Les Rose

Félix Rose

Photo courtoisie, Paul Ducharme

Félix Rose

Après avoir été d’abord exclu de la catégorie de l’Iris du public parce que les documentaires n’étaient pas admissibles, puis intégré dans la course grâce à la pression populaire, le film Les Rose a causé une des grandes surprises de la soirée en remportant finalement ce prix déterminé par le vote du public. « Merci au public pour cette vague d’amour qui a transporté Les Rose jusqu’au gala, a lancé le réalisateur Félix Rose en allant chercher son trophée. Vous venez d’envoyer un message fort à notre industrie ! » 

Caroline Néron

Caroline Néron

Photo courtoisie, Paul Ducharme

Caroline Néron

Caroline Néron n’aurait pas pu rêver meilleur scénario pour son retour au grand écran. Plus de dix ans après avoir mis de côté sa carrière à la télé et au cinéma pour se consacrer à son entreprise de bijoux, la comédienne a raflé son premier prix Iris – celui de la meilleure actrice de soutien – pour son interprétation bouleversante d’une mère en instance de divorce dans La déesse des mouches à feu

Les perdants  

Suspect numéro un

Daniel Roby

Photo courtoisie, Paul Ducharme

Daniel Roby

Bien représenté avec un total de dix nominations, le thriller anglophone Suspect numéro un a finalement mordu la poussière. Le film réalisé par Daniel Roby (Louis Cyr) était nommé dans plusieurs catégories importantes, dont celles de la meilleure réalisation, du meilleur scénario et du meilleur acteur (Antoine Olivier Pilon). 

Mon année Salinger

Philippe Falardeau

Photo d'archives, Chantal Poirier

Philippe Falardeau

La récolte a aussi été décevante pour Mon année Salinger, le nouveau film du cinéaste Philippe Falardeau (Monsieur Lazhar), qui a dû se contenter d’une seule statuette, soit celle de la meilleure musique originale, remise jeudi soir au compositeur Martin Léon. Mon année Salinger était pourtant en lice pour 11 prix, dont ceux du meilleur film, de la meilleure réalisation et du meilleur scénario. 

LES GAGNANTS  

Meilleur film : La déesse des mouches à feu 

Meilleur premier film : Vacarme 

Meilleure réalisation : Anaïs Barbeau-Lavalette (La déesse des mouches à feu) 

Meilleur scénario : Sophie Dupuis (Souterrain) 

Meilleure actrice : Émilie Bierre (Les Nôtres) 

Meilleur acteur : Sébastien Ricard (Le Club Vinland) 

Meilleure actrice de soutien : Caroline Néron (La déesse des mouches à feu) 

Meilleur acteur de soutien : Théodore Pellerin (Souterrain) 

Révélation de l’année : Kelly Depeault (La déesse des mouches à feu) 

Meilleur film documentaire : Errance sans retour 

Meilleur court métrage - fiction : Écume 

Meilleur court métrage – animation : La saison des hibiscus 

Meilleur court métrage - documentaire : Le frère 

Prix du public : Les Rose