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Engorgement anormal à l’Hôpital Sainte-Justine

L’urgence du Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine est anormalement achalandée ces jours-ci. Dès qu’un enfant fait de la fièvre ou présente un autre symptôme de la COVID-19, il est refusé aux cliniques sans rendez-vous.  

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Les petits virus font un retour en force avec le déconfinement. Les enfants ont des bronchiolistes, des rhumes, et les cliniques médicales refusent d'admettre au sans rendez-vous ceux qui font de la fièvre. Les familles se rendent donc au CHU Sainte-Justine.

Il y a présentement à peu près 300 enfants par jour, alors que normalement il y en a environ 180 au mois de juin. Les parents qui se retrouvent dans la salle d’attente patientent environ 16 heures. 

Deux mères ont été rencontrées par TVA Nouvelles; une qui soupçonne une otite chez son petit et l’autre dont l’enfant est asthmatique. 

Une d’elles s’est tournée vers l’urgence après que son rendez-vous ait été reporté parce que son enfant présentait des symptômes similaires au coronavirus. Elle a ensuite appelé à Info-Santé, qui lui a recommandé d’aller à l’urgence. 

Même son de cloche chez l'autre mère rencontrée. «Normalement, je serais allée à une clinique mais aujourd’hui, je n’ai pas le choix, il faut que j’aie accès à un médecin», dit-elle.

Les médecins veulent que le protocole soit assoupli
  

La Fédération des médecins omnipraticiens réclame des assouplissements au protocole COVID-19 qui leur interdit d'accueillir des patients avec des symptômes légers du virus. Cette demande survient en plein débordement inhabituel de l'urgence du CHU Sainte-Justine. 

En raison du protocole COVID-19 mis en place par Québec, toutes les personnes fiévreuses, qui ont de la toux ou mal de gorge, sont toujours référées en zone tiède. 

Selon Dr Antonio D’Angelo, pédiatre-urgentiste au CHU Sainte-Justine, il faut annuler ce protocole qui n'est plus adéquat. «Les médecins devraient retourner en présentiel voir leurs patients, ça fait plus qu’un an et demi que la pandémie est là», dit-il. «On sait comment se préparer, on est tous vaccinés, on est protégés et on a des méthodes de protection efficaces. Les gens devraient retourner voir leurs patients en premier lieu, et laisser les urgences pour les patients les plus malades. On doit désencombrer les urgences pour la sécurité des patients qui sont malades.»

Il fait remarquer qu'aucun patient n'a la COVID-19 dans son établissement. Ils souffrent pour la plupart d'anxiété, de troubles alimentaires, ou de petits virus comme la grippe ou la bronchiolite.

La télémédecine doit cesser      

Dr D'Angelo préconise le retour au travail en présentiel pour les médecins qui pratiquent toujours la télémédecine. La Fédération des médecins omnipraticiens est d'accord et assure que la télémédecine est de moins en moins appliquée.

 Les critères d'admission ont été établis cet hiver alors que la situation épidémiologique était plus grave.

«Il faut faire des assouplissements, les médecins le demandent sur le terrain», explique le vice-président et médecin de famille Sylvain Dion. Selon lui, seuls les patients fiévreux doivent être traités avec prudence, mais traiter les petits nez qui coulent et les maux de gorges qui s'apparentent à des allergies saisonnières ne devrait pas être un problème.

Le point de vue du ministre de la Santé   

Au cabinet du ministre de la Santé et des Service sociaux, Christian Dubé, on nous répond qu'une consigne sera envoyée au cours des prochains jours aux médecins pour rappeler l'importance de la pratique en présentiel.

«On vise un retour à la normale dès septembre. La pandémie n’est pas terminée, mais on doit s’adapter à la reprise graduelle des opérations. La sous-ministre Dr Lucie Opatrny va d’ailleurs envoyer une consigne à l’ensemble des établissements pour rappeler l’importance des consultations en présentiel pour la première ligne. On doit continuer de répondre aux patients atteints par la maladie, en plus des patients habituels que nous soignons», écrit Marjaurie Côté-Boileau, attachée de presse du ministre de la Santé et des Services sociaux.

-Avec des informations de Véronique Dubé

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