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L’affaire Chantal Daigle au cinéma

Chantal Daigle

Karl Tremblay / Le Journal de Qu

L’affaire Chantal Daigle, qui a défrayé la chronique durant l’été 1989, sera portée au grand écran dans un suspense psychologique réalisé par le cinéaste François Péloquin, a appris Le Journal

Chantal Daigle et son ex-conjoint Jean-Guy Tremblay seront les personnages principaux d’un film 
de fiction destiné au grand écran. Les acteurs qui leur donneront vie n’ont pas encore été choisis.

Photo d'archives

Chantal Daigle et son ex-conjoint Jean-Guy Tremblay seront les personnages principaux d’un film de fiction destiné au grand écran. Les acteurs qui leur donneront vie n’ont pas encore été choisis.

C’est la productrice Angélique Richer, présidente de la boîte Mustang Productions, qui est à l’origine de ce projet de long métrage avec sa complice scénariste Sarah Lévesque. Le film, intitulé simplement Chantale, a récemment obtenu une aide au développement de la SODEC. Une première version du scénario devrait être terminée d’ici la fin de l’année. Si le projet obtient son financement, le tournage pourrait se mettre en branle en 2022.

« Ça fait trois ans qu’on travaille sur ce projet parce qu’on est très proches des femmes qui ont soutenu Chantal Daigle à la fin des années 1980 pour son avortement à Boston, a expliqué Angélique Richer.

Jean-Guy Tremblay

Photo d'archives

« Chantal Daigle a changé d’identité et n’accorde pas d’entrevue. Elle ne va pas donner son autorisation à un projet de film sur son histoire. Mais ça demeure un événement public et n’importe qui peut décider de faire un film sur le sujet. »

Selon Angélique Richer, la SODEC aurait d’ailleurs reçu au fil des années d’autres propositions de longs métrages inspirées de l’histoire de Chantal Daigle. Mais son projet se serait démarqué par « son angle et ses liens avec le sujet ».  

« Comme on est en contact avec ces femmes qui l’ont côtoyée à l’époque, on a accès à des histoires et des anecdotes qui n’ont pas nécessairement été écrites dans son livre ou dans les récits journalistiques publiés sur elle », glisse la productrice.

Portée internationale 

La saga judiciaire entourant l’affaire Chantal Daigle a captivé les Québécois pendant une bonne partie de l’été 1989. Le 7 juillet 1989, cette jeune femme de 21 ans s’était vu refuser l’accès à un avortement alors qu’elle était en chemin vers l’hôpital. Sous les conseils d’un couple pro-vie, son ex-conjoint, Jean-Guy Tremblay, exigeait qu’elle garde l’enfant. 

Chantal Daigle s’était finalement rendue aux États-Unis pour se faire avorter, mais elle avait tout de même continué à mener son combat jusqu’en Cour suprême. Le 8 août, le plus haut tribunal au Canada avait reconnu son droit de disposer de son corps.

« Pourquoi un film sur l’avortement ? Parce que c’est encore d’actualité, insiste Angélique Richer. On le voit aux États-Unis, où la Cour suprême a décidé de se pencher à nouveau sur le droit à l’avortement. C’est un sujet qui a une portée internationale.  

« Chantal Daigle n’a jamais voulu porter cette cause sur ses épaules, mais elle est devenue malgré elle la porte-étendard de la lutte pour le libre-choix à l’avortement. Ça aurait pu être quelqu’un d’autre et ça aurait pu se passer dans un autre pays. Mais c’est arrivé chez nous... Grâce à elle, le droit à l’avortement est acquis au Québec ».