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Des travailleurs ont hâte de laisser tomber les masques

Les travailleurs toujours en zone orange devront prendre leur mal en patience et garder leur masque jusqu’au changement de palier prévu lundi, mais plusieurs se demandent pourquoi la Santé publique ne permet pas certains assouplissements lors des périodes de grande chaleur. «C’est invivable», ont répété plusieurs au Journal.

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Au lendemain de l’annonce par la CNESST d’allègements en milieu de travail dans les zones jaunes et vertes, les travailleurs toujours en zone orange étaient nombreux à pester contre le masque mardi.

Avec un mercure à 30°C et une température ressentie frôlant par moment les 40°C, il n’est pas dur d’imaginer la journée infernale qu’ont passée plusieurs travailleurs de secteurs où la climatisation est impossible, mais où le masque demeure obligatoire.

Infernal

«On l’a vue, l’annonce hier [lundi], je peux vous le garantir», lançait avec une pointe d’exaspération dans la voix Laurence Hamel, employée au casse-croûte Patati Patatos de Lévis. «On a hâte en maudit que ce soit notre tour!»

Dans le petit restaurant où il n’y a pas de climatisation, les friteuses et les plaques de cuisson ont tôt fait de transformer la cuisine en véritable four. Laurence Hamel et sa collègue Sandra Perron estiment que le mercure en vient à frôler les 50°C et après seulement 10 minutes en cuisine, Le Journal ne peut que confirmer que l’environnement est hostile. Rapidement, la sueur devient abondante et on se sent déjà lourd, amorphe.

«Le masque empire vraiment les choses. Ça devient étouffant. [...] Ça joue sur l’humeur, sur le moral», convient Sandra Perron.

Au Garage Christian Martel Inc., dans l’arrondissement Beauport, à Québec, les conditions de travail sont particulièrement étouffantes depuis lundi.  

«Au moment où on se parle, il fait pas loin de 40°C dans l’atelier et il fait moins chaud qu’hier!» lance le propriétaire dont le garage porte le nom, mardi midi. 

Plus permissifs

Dans ces conditions, M. Martel concède qu’il arrive que le masque de ses employés glisse sous le nez ou qu’il «prenne le bord», mais il refuse d’en faire un cas au vu de la situation. Surtout que les portes de l’atelier sont ouvertes en permanence.

«Les gars suffoquent derrière leur masque à cette température. Puis 75% de la population de la région est vacciné et il n’y a presque plus de cas, je pense qu’on est rendu là», souligne l’homme, faisant référence à l’autorisation de la CNESST à retirer le masque au travail dans certaines zones et selon certaines conditions.

Dans la métropole, le discours est le même. «Dans les garages en ce moment, c’est juste invivable. Chaque mécanicien a un ventilateur, mais ce n’est pas assez quand il fait chaud comme ça», souligne Robin Joubert, copropriétaire du Garage Montréal Sylvain Joubert. 

Dans cette chaleur, si le masque se retrouve parfois au menton de ses employés, M. Joubert rappelle que ces derniers travaillent chacun devant leur porte de garage attitrée, ils sont donc bien distancés les uns des autres.

Dans les restos par contre, ces écarts ne sont pas possibles. «C’est tout petit, on est toujours collés», fait remarquer Sandra Perron.

«L’année passée, je portais juste la visière et c’était correct, mais comme on ne peut pas être à deux mètres, plus le choix de garder le masque, tout le temps», ajoute sa collègue Laurence Hamel.

Évitez les incidents

À l’atelier de lavage de la Teinturerie française située dans Limoilou, les travailleurs tentent de résister à la chaleur du mieux qu’ils peuvent. Entre les fers à repasser et les différentes machines de nettoyage, l’humidité et la chaleur sont accablantes. À tel point qu’il faut faire le nécessaire pour éviter les malaises.

«À l’arrière, c’est entre 15 à 20°C de plus que la température extérieure. Comme on travaille à distance, on va l’enlever, le masque, quand il fait trop chaud parce que c’est suffocant», explique Tristan Valmont, employé qui ne comprend pas pourquoi la CNESST ne permet pas d’assouplissements.

«Il ne faut pas attendre que tu en aies un qui soit rendu blanc comme le mur», lance Michael Girard, franchisé de quatre succursales de la Fromagerie Victoria, précisant avoir la chance d’évoluer dans des établissements relativement neufs. «Il fait chaud quand même en cuisine, mais ça fait une différence. [...] On fait quand même une rotation pour sortir de la cuisine un peu, ça prend ça.»