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La COVID provoque quatre décès en oncologie à Sherbrooke

Quatre patients traités à l'unité d'oncologie du CHUS Fleurimont, à Sherbrooke, sont décédés depuis le 20 mai, non pas du cancer, mais de la COVID-19.

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Le personnel soignant pourrait être à l'origine de cette éclosion, qui a touché 16 patients et 7 employés. Cinq d'entre eux n'étaient pas vaccinés selon le chef du service d'hématologie-oncologie du CHUS, Dr Michel Pavic. 

Lui et 14 autres médecins du CHUS ont dénoncé cette situation dans une lettre adressée au ministre de la Santé. 

«On a peur que ça se reproduise dans d'autres services de la province, a-t-il expliqué. Ça ne peut pas être les patients qui ont fait entrer le virus; ils étaient tous testés avant d'entrer dans l'unité que l'on appelle sanctuaire, soit une unité ultra protégée.» 

Si les patients doivent passer un test de dépistage, ce n'est pas le cas pour les employés qui travaillent en oncologie. Ils ne sont pas inclus dans l'arrêté ministériel du gouvernement qui oblige le personnel soignant d'une unité à subir des tests préventifs trois fois par semaine.

Un non-sens selon le Dr Pavic, puisque les patients de cette unité, bien que vaccinés, sont fragiles et vulnérables. 

«Nous pensions que cet arrêté s'adressait à notre unité, mais on a appris que non. Qu'il n'y avait que quelques services concernés comme les soins intensifs, les urgences, la pneumologie, etc. L'hémato-oncologie a été oubliée ou pas priorisé», a-t-il déploré. 

Le CIUSSS de l'Estrie-CHUS n’est pas en mesure de dire quelle proportion du personnel des unités d'oncologie est vaccinée. Les seuls taux de vaccination compilés sont ceux des employés visés par l'arrêté ministériel. 

On sait donc par exemple que 96,5 % des employés des urgences du CIUSSS de l'Estrie-CHUS sont vaccinés, contre 92 % aux soins intensifs. 

Ces départements subissent toutefois les contrecoups de l'éclosion. 

C'est pour cette raison que le pneumologue et intensiviste du CIUSSS de l'Estrie-CHUS, le Dr Yannick Poulin, salue cette sortie de ces collègues. 

«On reçoit les patients qui ont été infectés de façon nosocomiale en oncologie, on a reçu plusieurs patients aux soins intensifs et on en a perdu qui n'auraient jamais dû être infecté», a-t-il dénoncé.