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La Norvège offre le vaccin Janssen aux volontaires contre l'avis de spécialistes

La Norvège va proposer, à certaines conditions, le vaccin anti-COVID Janssen aux personnes volontaires à compter de la mi-juin, a annoncé mercredi le gouvernement, contre l'avis de plusieurs instances sanitaires qui jugent que les risques surpassent les bénéfices.

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Le pays nordique, qui a aussi renoncé au vaccin d'AstraZeneca incriminé dans des cas de thromboses atypiques, avait suspendu l'utilisation du sérum de l'américain Johnson & Johnson, également à adénovirus et lui aussi mis en cause pour des effets secondaires similaires.

Le gouvernement avait toutefois annoncé le 12 mai qu'il envisageait d'offrir ce vaccin - qui a la particularité d'être unidose - aux seuls volontaires, en dehors du programme officiel d'immunisation.

Mercredi, il a précisé les conditions, strictes, dans lesquelles certains Norvégiens pourront demander à le recevoir, après avis médical, à partir du 15 juin.

Seules quelques catégories de la population (personnes appelées à voyager dans des pays où l'épidémie sévit encore beaucoup, celles se trouvant dans une situation critique ou dont un très proche souffre d'un cancer grave...) seront éligibles.

«Le patient a droit de peser sur la décision, mais ne peut exiger de recevoir le vaccin. Les docteurs auront le dernier mot», a souligné le ministre de la Santé, Bent Høie, lors d'une conférence de presse.

Danemark

Le Danemark voisin réserve quant à lui les vaccins d'AstraZeneca et de Johnson & Johnson aux volontaires même si ces deux sérums ont été approuvés par l'Agence européenne des médicaments (EMA) et leur emploi est recommandé par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

S'il suit les principales recommandations émises en mai par un panel d'experts, le gouvernement norvégien prend le contrepied d'instances nationales spécialisées, y compris la Direction de la santé, l'Institut de santé publique ou encore l'Ordre des médecins.

Celles-ci estiment que l'épidémie est suffisamment sous contrôle et que la vaccination avec les vaccins à ARN messager (Pfizer et Moderna) progresse suffisamment vite dans le pays pour ne pas avoir à recourir à des sérums susceptibles de provoquer des effets secondaires rares, mais graves.

«Pour la plupart, le risque d'effets secondaires avec le vaccin Janssen sera plus élevé que ses bénéfices dans la situation actuelle en Norvège», a souligné le directeur de la Santé, Bjørn Guldvog, lors de la même conférence de presse.

La Norvège a l'un des taux d'incidence les plus bas du continent, selon les données du Centre européen de contrôle et de prévention des maladies (ECDC).

Près de 1,85 million de personnes ont reçu une première injection dans le royaume de 5,4 millions d'habitants, et 1,21 million ont reçu la deuxième.

Selon les autorités, tous les adultes devraient s'être vu proposer une première dose d'ici à début août.

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