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Les FlexiFonds, c’est bon?

DVP

Illustration Adobe Stock

Que penser des FlexiFonds, la gamme de fonds communs de placement du Fonds de solidarité de la FTQ ?

Exposés à une intense campagne publicitaire durant l’hiver, plusieurs lecteurs se posent depuis la question. 

On ne peut pas traiter des FlexiFonds sans d’abord revenir au Fonds de solidarité. On le sait, une contribution à un fonds de travailleurs donne droit à de généreux crédits d’impôt : 30 % pour celui de la FTQ ; 35 % pour Fondaction, de la CSN.

On doit rappeler qu’une partie de l’argent investi sert à financer des entreprises d’ici. J’insiste sur ce point, car il devient un critère prépondérant dans la décision d’investir son épargne dans un FlexiFonds, lequel ne donne droit à aucun crédit d’impôt. 

Un fonds commun de placement

Ceux-ci sont déclinés en trois versions : prudente, équilibrée et croissance. Chacune est constituée d’un noyau de 30 % d’actions du Fonds de solidarité, le reste est réparti entre des titres à revenu fixe, des actions d’entreprises québécoises et des actions d’entreprises internationales. 

La mouture « prudente » contient 55 % de titres à revenu fixe et 15 % de titres boursiers, dont 5 % d’entreprises québécoises. À l’opposé, la déclinaison « croissance » compte 45 % d’actions, dont 15 % de sociétés d’ici. Le quart du portefeuille est constitué de titres à revenu fixe. La variante équilibrée, vous l’aurez deviné, se situe entre les deux.

Rappelons la composition du Fonds de solidarité (le noyau de 30 %). La moitié est investie en capital de développement, la majeure partie en investissements privés et en participations à divers fonds de capital de risque. L’autre demie est constituée de titres à revenu fixe et d’actions. 

Placement patriotique

Pour acquérir des parts de FlexiFonds, il faut d’abord ouvrir un compte au Fonds de solidarité (REER, CELI, FERR ou non enregistré). Les parts sont plus liquides que les participations directes au Fonds de solidarité, c’est-à-dire qu’on peut les vendre et les acheter sans rencontrer d’obstacles (d’où le « Flexi », comme dans « flexible », je présume). C’est le principal avantage découlant de l’absence du crédit d’impôt, on n’est pas attaché jusqu’à la retraite. 

En même temps, sans le crédit d’impôt, l’offre perd beaucoup d’attrait dans un marché qui n’a jamais été aussi concurrentiel. Les produits financiers sont abondants, abordables et négociables en quelques secondes à l’aide d’un téléphone intelligent.

Ce n’est pas le cas des FlexiFonds, un placement conçu pour être conservé. Le coût ? Sans être dans le haut de la fourchette, ces fonds exigent des frais qui n’ont rien d’une aubaine, à près de 1,5 % (gestion et administration).

On peut toujours rétorquer que l’important, c’est le rendement au bout du compte. Comme les fonds ont été lancés il y a seulement deux ans, on ne peut pas encore se prononcer là-dessus.

Par contre, on peut d’ores et déjà affirmer qu’il ne s’agira jamais de la meilleure option pour l’investisseur en quête des rendements les plus élevés au prix le plus bas.  

Ça ne reste pas moins, pour les petits investisseurs comme vous et moi, un des rares moyens de participer à du financement privé, c’est-à-dire de placer une partie de son argent dans des entreprises non cotées en Bourse. Il reste dommage que ce soit enrobé d’autant de titres à revenu fixe.

Il s’agit certainement d’une bonne façon d’ajouter une touche de patriotisme à ses placements, mais ce sera toujours plus facile de se montrer patriotique avec l’aide d’un crédit d’impôt.

Si on aime le Fonds de solidarité, on préférera y investir directement que par l’intermédiaire d’un FlexiFonds. 

À savoir  

À la fin mai, les Québécois avaient investi 147,5 M$ dans un FlexiFonds du Fonds de solidarité. Le produit semble surtout attirer les investisseurs prudents. 

Voici comment se répartissent les participations des clients à travers la gamme de fonds :

Prudent : 61,4 millions $

Équilibré : 55 millions $

Croissance : 31 millions $