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Ruée vers les climatiseurs: des semaines d’attente à prévoir

Photo d'archives

Les retardataires qui souhaiteraient climatiser leur résidence alors que le Québec traverse sa première canicule devront se résigner à attendre, certaines compagnies ayant une liste d’attente s’étirant jusqu’en août en raison de l’engouement monstre.

«C’est complètement fou», lance en riant Martin Gingras, propriétaire de Réfrigération Everest, à Québec. «Si vous avez une toute petite job, on peut peut-être la faire d’ici 3 semaines, mais des installations, ça va en août», explique l’entrepreneur.

Dans le grand Montréal, la folie est la même. En fait, Le Journal s’est buté à plusieurs marchands trop pressés pour jaser, même un petit cinq minutes. «J’ai même pas une minute», s’est empressé de répondre un installateur avant de raccrocher en vitesse.

«On savait en rentrant lundi matin qu’on aurait une attaque d’appels», raconte Patrick Creamer, propriétaire de Climatisation Nouvel-Air, à Laval, précisant que le télétravail forcé depuis l’an dernier avait emmené un contingent de nouveaux clients.

«Il y a vraiment une nouvelle clientèle de gens qui ne voulaient pas climatiser la maison, mais qui n’ont pas eu le choix à force de passer la journée à l’ordinateur chez eux.»

Bon pour les affaires

Personne ne se plaindra de cette situation qui permet à tous de faire de bonnes affaires. Chez SGL Climatisation Chauffage, on a doublé le chiffre d’affaires en deux ans à peine.

«L’an passé, on a eu une augmentation de 50%. Et cette année, on a encore augmenté ce chiffre d’un autre 50%», confie Guillaume Légaré-Breton.

Le marché, habituellement plutôt saisonnier, ne s’est jamais arrêté cette année. «J’ai installé des climatiseurs en février», cite en exemple l’entrepreneur.

Toutefois, le boom a ses limites. Oui, les affaires sont bonnes, mais les entreprises ne peuvent pas que vendre des climatiseurs, il faut aussi les installer.

«Je pourrais avoir 100 employés de plus et j’aurais de la job pour eux», souligne Patrick Creamer de Climatisation Nouvel-Air.

Demande aussi folle pour le service

Comme la première canicule a aussi coïncidé avec le premier démarrage du climatiseur dans la plupart des foyers de la province, les derniers jours ont amené leur nombre d’appels de service. Plusieurs entreprises refusent d’ailleurs systématiquement les réparations d’appareils qu’ils n’ont pas installés eux-mêmes pour prioriser leurs clients.

«Vous ne pouvez pas imaginer à quel point c’est démesuré. Des journées chaudes comme ça, ça explose! On a trois réceptionnistes et c’est un appel après l’autre pendant toute la journée», décrit Martin Gingras, qui dit refuser entre 50 et 100 appels de réparation chaque jour.

«Tout le monde a parti sa machine le même jour. C’est comme les pneus d’hiver à la première neige. Tout le monde se lance au garage et se demande pourquoi ça ne peut pas être fait le lendemain», plaisante le proprio de Réfrigération Everest.

Pénurie

Avec un tel engouement vient toutefois un phénomène de rareté. Et la pandémie n’est rien pour aider. Certains marchands ont de la difficulté à s’approvisionner en climatiseurs ou en équipement.

«Comme dans bien d’autres secteurs, le challenge cette année, c’est l’approvisionnement. Les machines qu’on devait recevoir en février rentrent là. Dans la chaîne d’approvisionnement outre-mer, il faut rajouter au moins un bon deux mois», explique Jimmy Roy, d’Enviro Confort, ajoutant que la pénurie de fils électrique ou de disjoncteur compliquait aussi la tâche.