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Un père incestueux déclaré coupable d’abus sur ses filles pendant 14 ans

Un homme de 59 ans a été reconnu coupable, mercredi, d’agression sexuelle et de fabrication et distribution de pornographie juvénile pour des gestes commis sur ses propres filles pendant 14 ans.

Le délinquant sexuel, un résidant de Sainte-Catherine en Montérégie, a abusé de ses deux filles de 1994 à 2008, selon la preuve présentée au palais de justice de Saint-Jean-sur-Richelieu.

Les crimes commis par le père ont été regroupés en trois catégories par le juge à la Cour du Québec, Stéphane Godri.

D’abord, lorsque les fillettes avaient entre sept et dix ans, le père agresseur examinait leurs parties génitales après le bain. Si celles-ci ne les avaient pas bien lavées, il les leur savonnait vigoureusement. Ces gestes lui auront valu d’être déclaré coupable de contacts sexuels.

Plus tard dans leur vie, alors qu’elles habitaient à Saint-Jean-sur-Richelieu, les jeunes victimes ont été utilisées par leur père pour faire des vidéos pornographiques en direct. Le délinquant sexuel avait même incité ses filles à se toucher ou à s’orienter de telle ou telle manière afin de répondre aux commentaires des internautes qui interagissaient sur le clavardage, lors de ces séances.

Finalement, il y a eu de nombreux gestes d’agression sexuelle à l’égard des enfants au courant des années, le père incestueux ayant même tenté d’avoir des relations sexuelles complètes avec elles.

Crédibilité et fiabilité

L’accusé a cherché, devant le tribunal, à se dépeindre comme un «bon père de famille normal et aimant», une description rejetée par le juge Godri.

Ce dernier a notamment noté que l’homme ne donnait pas de «cadeaux de fête [à ses filles] et ne les contactait pas lorsqu’elles étaient chez leur mère». «Cela affecte grandement la crédibilité de l’accusé», a affirmé le magistrat.

Plus encore, le juge a déclaré que «l’accusé avait eu tendance à dire une chose et son contraire», lors de son témoignage pendant le procès.

Quant aux témoignages des filles, ils ont été crus par le juge, celles-ci ayant eu une bonne mémoire des événements en corroborant des faits en lien avec le témoignage du père pédophile, «sans qu’il y ait eu de collusion entre elles», a expliqué Stéphane Godri.

«Même si l’une des victimes a dit à un enquêteur qu’elle souhaitait voir l’accusé derrière les barreaux parce qu’il était un pédophile», cela ne signifie pas «qu’elle a menti ou inventé les événements [d’abus]», a déclaré le juge Godri, ajoutant «que son animosité envers l’accusé était facilement explicable» par ce qu’elle avait vécu.

Le père incestueux s’expose à peine majeure d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 14 ans. Il doit revenir en cour pour les représentations sur sentence le 9 juillet prochain.

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