/news/coronavirus

Ottawa a dépensé 285 millions $ en un an pour les mesures aux frontières

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Alors que prendra fin en juillet la quarantaine à l’hôtel pour les gens entièrement vaccinés, le Journal de Montréal a appris que la facture pour l’ensemble des mesures aux frontières entre le 1er avril 2020 et le 31 mars 2021 s’élève à 285 millions $.

• À lire aussi: Fin de la quarantaine à l'hôtel pour les voyageurs pleinement vaccinés

• À lire aussi: L’industrie du voyage redémarre

Dans un document parlementaire remis le 31 mai à la Chambre des communes, l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) révèle aussi qu’Ottawa a payé le séjour à l’hôtel pour plus de 5125 personnes entre sa date de mise en œuvre le 22 février 2021 et le 19 avril 2021.

C’est à Toronto que plus de la moitié des voyageurs revenant au pays, soit 3382 personnes, ont été hébergés aux frais d’Ottawa dans ce que la santé publique appelle les «installations de quarantaine désignées» (IQD). À Montréal, le nombre de voyageurs hébergés dans les IQD était de 895, contre 444 à Vancouver.

L’ASPC reste floue sur les critères employés pour décider de qui peut bénéficier d’un séjour payé à l’hôtel, mais explique que c’est une mesure «de dernier recours». Il ne précise pas non plus combien exactement dans les 285 millions de dollars ont servi à cette fin.

«Global» avait rapporté en avril qu’il était très simple de se faire payer le séjour à l’hôtel, par exemple en indiquant ne pas avoir assez d’argent pour les frais d’hôtel ou en feignant une erreur dans la réservation en choisissant une mauvaise date.

«Généralement», indique l’ASPC, le gouvernement paie pour les voyageurs qui ont soit été déclarés positifs à la COVID-19 à leur arrivée, qui n’avaient pas fait de test de dépistage avant leur arrivée ou qui n’avaient pas un plan de quarantaine jugé «approprié» par les services frontaliers.

Pour être «approprié» en vertu de la loi sur la quarantaine, le plan de quarantaine des voyageurs doit prouver qu’ils disposent d’un endroit pour s’isoler où ils auront accès à des produits de première nécessité, en premier lieu de la nourriture et des médicaments.

La semaine dernière, le gouvernement a fait passer les amendes de 3000 $ à 5000 $ à ceux qui refusaient la quarantaine à l'hôtel.

Une obligation en voie d’extinction

Des ministres fédéraux ont annoncé jeudi que la mesure prendrait fin au début de juillet pour les personnes ayant reçu leur deuxième dose de vaccin contre la COVID-19 au moins 14 jours avant leur entrée au pays.

Il faudra toutefois que les vaccins administrés soient les mêmes qui sont actuellement autorisés par la santé publique canadienne, soit ceux de Pfizer, Moderna, AstraZeneca et Johnson & Johnson.

Cette décision tombe presque deux semaines jour pour jour après la publication d’un rapport d’experts dans lequel la quarantaine obligatoire à l’hôtel était sévèrement décriée.

Le comité d’experts évoquait justement les coûts administratifs «élevés» et les «ressources considérables» qu’elle entrainait, en plus de la facilité manifeste à contourner l’obligation en passant par la frontière terrestre avec les États-Unis.

L’assouplissement ne concerne pas les touristes, mais uniquement les citoyens et résidents canadiens, ainsi que les travailleurs essentiels et les étudiants étrangers.

Le ministre fédéral des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, a précisé que «ces changements ne seront faits que si le nombre de cas continue de baisser et que la campagne de vaccination continue de bien aller».

Flou sur les frais liés à l’hébergement

Il faut souligner que les 285 millions $ recoupent d’autres dépenses, comme la création de sites d’isolement volontaire dans certaines municipalités qui en manquaient, la «surveillance accrue» contre la COVID-19 aux points d’entrée et le renforcement du programme national de santé des voyageurs et des frontières.

Selon une porte-parole de l’ASPC, il reste «impossible» pour l’heure de dévoiler combien exactement ont coûté ces 5125 séjours à l’hôtel en raison d’informations qui pourraient perturber le marché, notamment en ce qui à trait à la gestion des installations de quarantaine par le privé.

Un «genre de passeport vaccinal» en préparation

La fin de la quarantaine obligatoire à l’hôtel pour les personnes entièrement vaccinées implique nécessairement une vérification de l’historique de vaccination des personnes entrant au pays.

Le ministre LeBlanc a souligné qu’un «genre de passeport vaccinal» était actuellement en élaboration en partenariat avec les provinces.

Ce passeport vaccinal, qui se veut, selon M. LeBlanc, une «solution à long terme et beaucoup plus permanente», pourrait n’être déployé qu’après la première phase d’assouplissement au début du mois de juillet.

D’ici là, le ministre a indiqué qu’une alternative plus simple pour afficher une preuve de vaccination à la frontière était en cours de préparation.

Dans la même catégorie

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.