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Féminicide de Contrecœur: Son ancien mari était un danger pour lui et autrui

David Joly

Photo tirée du Facebook, Lisette

L’homme qui a tué son ex-femme avant de s’enlever la vie, à Contrecœur, se trouvait depuis des mois dans un « état mental perturbé », au point où on lui avait retiré ses armes à feu pour sa protection et celle d’autrui.

En janvier, le juge Denys Noël avait ordonné à David Joly, 49 ans, de renoncer à ses cinq armes, ses munitions et ses permis au moins jusqu’à la fin de l’été, au palais de justice de Sorel-Tracy.

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Quatre mois plus tôt, un ami de l’homme avait alerté les autorités, car il avait « menacé de se suicider ». Dès le lendemain, des policiers avaient saisi de façon préventive tout son matériel de chasse.

Des véhicules de la Sûreté du Québec ont passé la majeure partie de la journée de mercredi devant la maison de Lisette Corbeil, route Marie-Victorin, à Contrecœur, en Montérégie. La femme de 56 ans a été tuée par son ancien mari, David Joly.

Photos Agence QMI, Maxime Deland, et tirées de Facebook

Des véhicules de la Sûreté du Québec ont passé la majeure partie de la journée de mercredi devant la maison de Lisette Corbeil, route Marie-Victorin, à Contrecœur, en Montérégie. La femme de 56 ans a été tuée par son ancien mari, David Joly.

Joly a par la suite été hospitalisé en psychiatrie, peut-on lire dans un document de la cour. Puis il ne s’était pas objecté à ce que ses armes demeurent saisies, lors de l’audience du 5 janvier dernier.

« Si ça peut aider la cour, je n’en ai pas besoin avant septembre prochain, à la période de chasse », avait-il dit.

La procureure de la Couronne Geneviève Beaudin avait alors suggéré que l’interdiction de possession d’armes subsiste « jusqu’à la fin août, pour s’assurer que [son] état médical soit mieux ».

Mais la mesure n’aura pas été suffisante pour prévenir le 12e féminicide de l’année au Québec. Mercredi, Lisette Corbeil, 56 ans, a été découverte sans vie dans sa résidence, sur la route Marie-Victorin.

Séparés depuis un an

C’est la fille de son nouveau compagnon qui l’aurait trouvée inanimée, après que son père, inquiet d’être sans nouvelles, lui a demandé d’aller s’enquérir de son état.

Le corps de Joly, avec qui elle était mariée depuis 2003, a ensuite été trouvé à l’étage par des policiers. Ils n’étaient plus ensemble depuis environ un an. 

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Selon un ami qui avait tenté d’offrir son aide, des signaux d’alarme étaient bien présents chez David Joly : il s’était isolé, renfermé et avait changé.

« À la fin, ça n’allait pas bien, son histoire. Dans sa tête, ça allait moins bien », témoigne Sylvain Deblois, qui déplore qu’on ne puisse forcer les hommes en détresse à recevoir de l’aide. 

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« Mais qu’est-ce qu’on attendait ? Qu’elle meure ? Il faut obliger les gens à être soignés quand ça ne va pas au point d’être dangereux », ajoute avec peine Guylaine Ducharme, une cousine de la victime.

« Elle avait peur de lui. Quand elle lui a demandé de quitter la maison, il a été violent verbalement et elle avait appelé la police, poursuit-elle. C’est un homme narcissique qui a perdu le pouvoir sur sa conjointe. »

Insuffisant

Enlever les armes n’est pas suffisant, selon une coordonnatrice en maison de femmes victimes de violence conjugale.

« Ça prend [aussi] une structure d’encadrement, du soutien psychosocial, soutient Maud Pontel, de l’Alliance MH2. Comme société, il faut qu’on développe ces mécanismes d’urgence et de protection. Il n’y a pas juste les armes à feu qui peuvent tuer. »

Mme Pontel rappelle que la détresse psychologique n’excusera jamais un meurtre.

–Avec Andrea Valeria et Agence QMI


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Ligne québécoise de prévention du suicide  

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1 866-APPELLE (277-3553)              

SOS violence conjugale  

www.sosviolenceconjugale.ca  

1 800 363-9010