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La place des personnes handicapées dans les futures maisons des aînés

CHSLD

Photo d'archives

Un reportage sur la présence ou non des personnes ayant une déficience intellectuelle dans les futures Maisons des aînés publié le 2 juin sur la page d’Ici Radio-Canada Côte-Nord rapportait des propos de la Députée de Duplessis à l’Assemblée nationale, Madame Loraine Richard, à l’effet que les personnes ayant une déficience intellectuelle ne devraient pas résider dans les futures Maisons des aînés.  

Mettre les pendules à l’heure

Les Maisons des aînés et les Maisons alternatives pour les personnes handicapées viennent s’insérer dans une offre de services voulant répondre à une diversité de besoins de ces deux clientèles. Ainsi, pour les personnes les plus autonomes, handicapées ou aînées, le domicile est la réponse évidente. À l’autre bout du spectre, pour les personnes les moins autonomes ayant besoin de soins importants, des institutions comme les CHSLD peuvent offrir les services adéquats. 

Depuis plusieurs années, divers groupes œuvrant auprès des personnes handicapées dénoncent une certaine mixité dans les CHSLD. Ce qui est dénoncé est l’hébergement des personnes handicapées dans la force de l’âge avec des personnes en fin de vie. Nous connaissons tous des histoires où une personne handicapée de 20 ans ou de 30 ans est placée dans un établissement avec des personnes dont la moyenne d’âge tourne souvent autour de 80 ou 85 ans. 

À titre d’exemple, un projet visant à regrouper les jeunes personnes handicapées dans une aile d’un CHSLD a ainsi été étudié au tournant des années 2010 dans la région du Haut-Richelieu. L’objectif était de créer des milieux de vie correspondant à la clientèle. Ce projet, à coût quasi nul avait été abandonné faute de volonté de la part du réseau de la santé. 

Besoins différents

Les besoins de ces deux clientèles, ainés et personnes handicapées peuvent se diviser en deux grandes catégories : les besoins de soins médicaux ou d’hygiène et les besoins de socialisation et de divertissement. Les besoins médicaux ou d’hygiène peuvent se rejoindre pour les deux types de clientèles, mais ce sont les besoins de socialisation ou de divertissement qui peuvent varier. 

Les personnes aînées et les personnes handicapées peuvent avoir des besoins communs comme la médication, les soins à la personne comme l’aide au lever ou au coucher, l’aide au bain etc. Toutefois, une personne handicapée de 20 ans peut vouloir écouter du rap ou de la salsa, sortir avec des amis, aller au cinéma, aller suivre des cours de peinture, etc. Tandis que les personnes aînées peuvent préférer une musique plus tranquille, regarder la télé, etc.1. Les goûts en ce qui concerne les émissions de télé ou les films peuvent aussi être difficilement conciliables. 

Les Maisons des aînés et les Maisons alternatives se veulent des solutions visant à offrir un milieu de vie répondant aux besoins spécifiques de chacune de ces clientèles. Nous sommes donc d’accord avec le principe de ne pas mélanger ces deux clientèles dans le même milieu de vie. 

Toutefois, que fait-on avec une personne handicapée de 60 ans qui a vécu toute sa vie dans son logement, mais qui, avec l’âge, se retrouve dans une situation où ses besoins sont tels qu’elle doit être hébergée dans une ressource de type de la Maison des aînés ou une Maison alternative. Vers quelle institution devrait-elle être dirigée ? D’après nous, ce qui distingue les Maisons des aînés des Maisons alternatives est l’âge de la personne. 

La personne a-t-elle un profil gériatrique ou non? Lorsque la personne a un profil gériatrique, elle devrait être orientée vers les maisons des aînés, et cela peu importe si la personne a une déficience intellectuelle, une autre déficience ou aucune déficience. Nous croyons par contre, qu’une personne handicapée vivant déjà dans une maison alternative devrait avoir le choix de choisir si elle veut y rester ou si elle veut aller en maison des aînés lorsque son profil devient un profil gériatrique. 

1 Nous ne voulons pas tomber dans des clichés, mais les lecteurs comprendront que les goûts et les activités des personnes aînées sont différents de ceux des plus jeunes.

Personnes à part entière

Rappelons que depuis plusieurs années, le milieu des personnes handicapées milite pour que les personnes handicapées, peu importe la nature de leur déficience, soient reconnues comme des personnes à part entière. Les personnes handicapées vont en milieu de garde, à l’école en classe régulière, travaillent et mènent une vie tout-à-fait ordinaire lorsqu’on élimine les obstacles pouvant les mettre en situation de handicap. Elles méritent des services correspondant à leurs besoins et cela peut signifier aller en maison des aînés lorsqu’elle approchent le soir de leur vie. Une personne handicapée est avant tout une personne. 

Bertrand Legault, coordonnateur

Pierre Nadeau, agent de développement

Association d’informations en logements et immeubles adaptés

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