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Un papa se remet d’un rare syndrome qui a paralysé tout son corps

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TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

Déterminé à prendre du mieux pour retrouver ses enfants au plus vite, un jeune papa paralysé de la tête aux pieds à cause du syndrome de Guillain-Barré est de retour chez lui, la tête déjà pleine de projets. 

« Ils ont été surpris de la rapidité avec laquelle mon corps évoluait. Après une semaine, mon bras bougeait déjà », s’exclame Keven Toupin, plein de vie. 

Rencontré dans la demeure qu’il a construite de ses propres mains à Saint-Hubert, sur la Rive-Sud de Montréal, le trentenaire déborde d’énergie, sa canne à la main. 

Difficile de se douter que l’homme qui se tient dans l’embrasure de la porte est celui qui a passé deux mois entre les murs de l’Hôpital Charles-Lemoyne, entre la vie et la mort. 

Car le 1er février dernier, le père de famille de 34 ans s’est rendu à l’hôpital pour subir des tests parce qu’il éprouvait une grande fatigue et de vives douleurs dans tout le corps. Cette soirée-là, ses jambes l’ont lâché. 

« Je me disais “ça y est, j’ai perdu mes jambes”. Je capotais. Le reste est flou. Je ne m’en souviens pas vraiment, mais j’ai appelé tout le monde de mon entourage, relate-t-il avec émotion, avant de prendre une pause. Je pensais que j’allais mourir. » 

Heureusement, il ne garde que très peu de souvenirs de ces dures semaines, paralysé dans sa chambre d’hôpital à cause du syndrome de Guillain-Barré, une rare réaction du système immunitaire qui peut entraîner en peu de temps une paralysie complète du corps.

Déterminé 

Mais la minute où il a repris connaissance, même s’il ne pouvait pas parler ou bouger, le trentenaire savait qu’il ferait tout en son pouvoir pour revenir à la maison et retrouver ses enfants, avant l’anniversaire de sa fillette, le 2 avril dernier. 

« J’étais déterminé. Dès que j’ai pu parler, je n’ai pas arrêté de demander pour les voir. Dans toute cette histoire-là, c’est ça qui m’a fait vraiment mal. Je ne voulais pas abandonner mes enfants. Je ne voulais pas qu’ils grandissent sans leur père », souligne-t-il, la gorge nouée. 

Comme de fait, le 1er avril, il poussait les portes de sa maison réaménagée pour l’aider dans sa réadaptation. Et ses deux enfants, Éliane, 6 ans, et Logan, 3 ans, ont couru vers lui pour l’accueillir. 

Ne pas se décourager

Conscient de ses limitations après ses 35 jours aux soins intensifs, le menuisier de profession a révisé ses priorités et travaille fort pour rétablir une bonne qualité de vie. 

Le retour à domicile n’a pas été facile, confie-t-il cependant : il doit faire de nombreux exercices pour récupérer la mobilité dans ses jambes. Juste monter l’escalier est tout un défi, même s’il parvient désormais à le faire. 

« Il faut rester positif et garder la volonté, sans se décourager. Je l’ai pris un jour à la fois. Je suis en vie, c’est ça qui compte, dit-il. Je suis un gars de projets, mais il faut que je prenne ça plus relaxe. »

Néanmoins, le « patenteux » en a déjà quelques-uns sur sa liste, dont celui de s’acheter une motoneige neuve. Son prochain but : récupérer son permis de conduire avant son anniversaire, en juillet. 

« C’est important dans un rétablissement de se mettre des buts... et de foncer direct dedans », conclut-il en riant, déjà fier de ses progrès.