/news/world

Crack, prison et disparités raciales: la Cour suprême américaine ne corrigera pas «l'injustice» de la loi

La Cour suprême des États-Unis a estimé lundi que les personnes condamnées pour des infractions mineures sur le crack, responsables de fortes disparités raciales dans les prisons américaines, n'étaient pas éligibles à des réductions de peine.

• À lire aussi: Un pédo condamné un demi-siècle plus tard

• À lire aussi: Une discothèque gaie cible d'un attentat terroriste désignée «Mémorial national»

• À lire aussi: Allégations d’inconduite sexuelle: Jonathan Vance s’offre un 18 trous avec ceux qui enquêtent sur lui

Les neuf sages ont estimé à l'unanimité que la formulation de la loi, qui a prévu de réduire les peines pour les infractions plus lourdes, ne leur permettait pas de franchir ce cap.

«Malheureusement le texte ne nous permet pas cette interprétation. Heureusement, le Congrès dispose de nombreux outils pour corriger cette injustice», a écrit la juge progressive Sonia Sotomayor dans un texte séparé.

Dans les années 1980, le crack, un dérivé de la cocaïne fumable et moins cher, ravageait les quartiers noirs et déshérités. Pour l'endiguer, le Congrès avait adopté une loi punissant sévèrement son trafic: un gramme de crack était considéré comme 100 grammes de cocaïne en poudre dans le barème des peines.

La mesure a accéléré les condamnations, surtout d'hommes noirs. Elle est aujourd'hui jugée en partie responsable de l'engorgement des prisons américaines et de la surreprésentation des Afro-Américains dans la population carcérale.

En 2010, le Congrès a voulu rectifier le tir et équilibrer les peines en ramenant le rapport de 1 à 18 au lieu de 1 à 100, mais pas de manière rétroactive.

En 2018, dans un consensus rare sous la présidence de Donald Trump, les élus ont adopté une nouvelle loi, le «First Step Act», pour tenter de vider un peu les prisons, et ont rendu le texte de 2010 rétroactif.

Mais sa formulation occulte les personnes condamnées pour les infractions les moins graves, comme Tarahrick Terry, un homme noir de 33 ans condamné en 2008 à quinze ans de prison après avoir été arrêté en possession de 3,9 grammes de crack.

Il demandait à la Cour suprême d'étendre la portée de la loi de 2018 pour pouvoir bénéficier d'une réduction de peine. «Pourquoi le Congrès aurait-il inclus les barons de la drogue, mais pas les petits trafiquants ?» avait interrogé son représentant Andrew Adler à l'audience.

Malgré le soutien du gouvernement démocrate de Joe Biden et de sénateurs des deux partis, la Cour ne lui a pas donné gain de cause.