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Elle sauve son fils avec une partie de son foie

Pour sauver son petit garçon de deux ans, Stéphanie Harrisson, 25 ans, n’a pas hésité à donner une partie de son foie. 

Son fils Ludovic est atteint d'un cancer du foie. Puisque son foie était trois fois plus gros que d'habitude, il a été transféré à l’hôpital d’Amqui, ensuite d'urgence par avion à Québec pour finalement aller au CHU Sainte-Justine pour des traitements de chimiothérapie. 

Pendant les traitements, les docteurs ont réalisé qu'une greffe de foie était nécessaire et qu’ils devaient intervenir en une semaine pour sauver la vie du petit Ludovic. 

Attendre pour un foie d'un donneur décédé aurait pris trop de temps. Heureusement, le foie de sa mère était compatible. Mme Harrisson a donc donné environ 25% de son foie. «Je l’ai mis au monde cet enfant-là et je lui ai donné une partie de moi pour pouvoir le voir grandir, pour pouvoir l’avoir avec moi jusqu’à la fin», dit-elle. 

Une collaboration entre hôpitaux   

La transplantation du foie a été une collaboration entre le CHUM et le CHU Sainte-Justine. 

Environ 25% du foie de la mère a été prélevé le 13 mai durant une intervention de trois heures au CHUM. «Le foie se divise anatomiquement en huit segments, et on prend deux des huit segments qui sont les segments à gauche», explique Dr Michel Lallier, chirurgien en greffes hépatiques et rénales au CHU Sainte-Justine. 

«On fait la chirurgie ensemble, et ensuite Dr Lallier quitte avec le morceau de foie qu’il vient de transplanter. Il est transféré à Sainte-Justine, où la chirurgie a débuté au préalable et il complète la transplantation à ce moment-là», explique Dr André Roy, chirurgien hépatobiliaire au CHUM.

Dr Lallier et son équipe ont pratiqué une greffe de 11 heures sur Ludovic. C'était la quatorzième opération du genre pratiquée par le CHUM et le CHU Sainte-Justine. 

«Ma crainte, c'était que je me fasse opérer, que je me réveille, et qu'on me dise que mon gars n'a pas survécu à l'opération», dit Mme Harrison. 

L'opération s'est bien passé. «Tout le monde récupère et le foie fonctionne. C’est sûr que ce sont de grosses chirurgies mais ça va bien», dit Dr Roy. 

Les traitements de chimiothérapie 

La fenêtre d’opportunité d’une semaine était particulièrement importante à cause des traitements de chimiothérapie. 

«Il faut avoir terminé les traitements de chimio pour éviter la période d’effets secondaires où il est plus à risque, donc ça nous donnait une semaine spécifique pour procéder à la greffe. La seule façon c’est en ayant un donneur vivant, ce qui nous a permis de le faire dans un meilleur délai», dit Dr Roy. 

«Là, Ludovic va avoir ses deux autres cycles de chimio après qu'on ait fait la greffe pour consolider comme il faut», explique Dr Lallier. 

Si tout va bien, le petit Ludovic et sa mère devraient sortir du CHU Sainte-Justine à la mi-juillet. Les médecins vont les suivre de près toute leur vie, mais il n'y a plus de trace de cancer et le foie de Mme Harrisson va se regénérer d'ici un an. 

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