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La DPJ de l’Estrie de nouveau blâmée

Une juge de la Cour du Québec a ordonné à la DPJ de l’Estrie de s’excuser auprès de deux enfants et de leur famille. 

Dans un jugement accablant de 75 pages, rendu mercredi dernier, la juge souligne plusieurs manquements envers les enfants.

Les événements en question ont eu lieu au même moment où se déroulaient ceux qui ont mené à la mort de la fillette martyre de Granby en 2019. 

Deux enfants ont alors été placés dans une famille d’accueil qui opérait aussi un service de garde en milieu familial. 

Après trois ans d’enquête, le gouvernement a décidé de fermer le service de garde en raison de manquements graves constatés envers les enfants. 

Le gouvernement reprochait entre autres de servir de la nourriture périmée, de ne pas vouloir créer de lien d’attachement avec les enfants et d’affliger des mesures correctives assez sévères. 

En apprenant la fermeture du service de garde, la mère des deux enfants s’est inquiétée que ses deux enfants demeurent toujours dans cette famille d’accueil. 

Elle a alors demandé à la DPJ de l’Estrie une intervention d’urgence, mais celle-ci n’a pas été faite. Au cours des deux années où les enfants sont restés dans cette famille d’accueil, ils ont régressé au niveau de leur développement. 

Un d’entre eux a également évoqué, à un certain moment, des idées suicidaires. 

La juge a ordonné leur retrait et les enfants ont été confiés aux grands-parents maternels. 

Voici ce que reproche le tribunal à la DPJ :

- Les enfants ont été maintenus dans un milieu d’accueil inadéquat;

- Aucune rigueur dans l’évaluation des postulants des familles d’accueil;

- Des mesures insuffisantes pour préserver le droit des enfants;

- Le travail en silo des différentes directions au sein de la DPJ a mis en danger les enfants; 

- Un manque de transparence de la DPJ envers le Tribunal;

- La DPJ n’a pas donné les services de santé adéquats à l’enfant;

- La DPJ n’a pas rétribué financièrement les grands-parents

L’avocat de la mère a indiqué qu’il réfléchissait encore sur sa position devant ce jugement. 

«C’est un jugement qui, je crois, va avoir un certain impact. C’est la première fois que je vois une ordonnance qui demande au CIUSSS et aux DPJ de formuler des excuses», soutient Me Fabien Jean. 

« S’il y avait eu une violence conjugale ou autre, est-ce qu’un juge aurait osé demander des excuses? La réponse est non. Est-ce que le système de justice ne croit plus, comme moi et comme d’autres, au système de santé particulièrement celui de la DPJ? Peut-être. Mais reste que de demander des excuses pour un geste aussi horrible que celui-là, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas», mentionne le maire de Granby Pascal Bonin, qui est outrée par cette demande d’excuse de la part du Tribunal.

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a refusé notre demande d'entrevue.

Par courriel, il affirme que « depuis 2019, beaucoup d'amélioration ont été apportées dans les services jeunesse en Estrie et des mécanismes de contrôle et de suivis rigoureux sont en place pour les situations potentielles de lésion de droits.»

- D’après les informations de Mélissa Fauteux