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Les acheteurs forcés de baisser leurs attentes

Le marché immobilier est en surchauffe depuis plusieurs mois, particulièrement à Montréal, comme le montre le cas d’une famille de la Rive-Sud. 

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La recherche est difficile et a tourné au cauchemar pour Chantal Leblanc, une jeune mère de famille de Beloeil qui vit avec ses deux enfants et son conjoint. 

Vendre sa maison sans plan B   

La famille était propriétaire d’une maison jumelée qu’elle a vendue en juillet dernier avec une prise de possession de 45 jours. Elle a vendu sa maison avec l'intention de se rapprocher de Montréal. En 24 heures, une douzaine d'offres sont arrivées sur la table. «La prise de possession était très rapide pour essayer de se trouver notre future propriété», dit Mme Leblanc. 

La recherche de la famille ne s’est pas passée comme elle le souhaitait et elle n’a pas trouvé cette fameuse maison de rêve. Elle a été contrainte de louer un condo à Beloeil pour pouvoir rester à proximité de l’école de l'aîné. Pendant ce temps, la famille continue de chercher une maison, mais ne trouve toujours pas.  

Chantal Leblanc cherche le coup de coeur, et c'est là le problème. Tout le monde cherche la même chose: trois chambres, de l'espace, pas de rénovations à faire, une belle cour, avec un budget de 550 000 $. 

«Je ne pense pas que je suis si difficile que ça, mais il faut croire que je le suis un peu parce que je n'ai pas trouvé, dit-elle. J'étais vraiment mieux dans la maison que j'avais, j'aurais attendu de trouver la bonne et j'aurais vendu par la suite.»

Plus de dépenses  

Vivre dans un condo coûte à Chantal et à son conjoint deux fois plus cher que de vivre dans le jumelé où ils étaient auparavant, surtout avec l'entreposage, qui leur coûte 500 $ par mois. 

«On est perdants sur toute la ligne. Ça nous coûte environ 2200$ par mois pour le condo et l’entreposage», explique Mme Leblanc.  

Elle regarde principalement les maisons inscrites entre 400 000 $ et 450 000 $ en se disant qu'il faudra jouer du coude et aller en surenchère. 

C'est pour ça qu'elle se garde 100 000 $ dans sa manche juste pour aller en surenchère. Souvent, la propriété qui l'intéresse risque de dépasser son budget de 550 000 $. 

«Elle est affichée à 499 000 $, mais là avec le 100 000 $, je dépasse mon budget», dit-elle. 

Élargir les critères et réduire ses attentes  

Il faut plutôt réduire ses attentes et trouver une maison moins spacieuse ou moins moderne, sans quoi l’achat restera impossible. C'est ce que préconise Mélanie Bergeron, courtière immobilière chez Proprio Direct, qui essaie de raisonner ses clients qui cherchent tous le même produit.

«Vivez dans une plus vieille cuisine, une plus vieille salle de bain, tant que c'est propre, si l'emplacement vous convient, allez-y, sinon vous n'achèterez jamais rien, dit-elle. Une maison coup de coeur, ces temps-ci, va souvent finir à 100 000 $ de plus. On n'a pas le choix de préparer nos gens, sinon c'est déception après déception.» 

Chantal a ainsi décidé d'élargir son territoire de recherche. Plutôt que de se rapprocher de Montréal, elle risque de s'en éloigner. «J'en suis presque à me dire ''bien, je vais prendre la moins pire''. C'est terrible de se dire ça, alors que ça devait être un magnifique projet familial. On a reloué pour un an, et on va se croiser les doigts qu'on va pouvoir casser le bail, qu'on va trouver notre propriété, et que tout ça va être derrière nous», ajoute-t-elle. 

C'est le premier de trois reportages sur la surchauffe immobilière présentés à TVA Nouvelles cette semaine. Cette série de reportages est à propos des déceptions que les acheteurs vivent parce qu’ils sont à la recherche de la maison de leurs rêves et ne la trouvent pas. À ne pas manquer dans nos bulletins de nouvelles.

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