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Rareté de la main-d’œuvre: une entreprise propose le rachat des vacances

Une entreprise de Trois-Rivières, Barrette Structural, a offert à ses employés de racheter leurs périodes de vacances afin de maintenir la production pendant l’été et de faire face à l’importante pénurie de main-d’œuvre dans l’industrie manufacturière.

L’adhésion au programme de cette entreprise qui fabrique des fermes de toit et des structures de maison en bois n’est toutefois pas obligatoire.

Cette initiative a été mise en place alors que la frénésie dans le secteur de la construction fait en sorte que la demande y est actuellement très forte.

«Il suffit qu'il lui manque un seul travailleur et toute la ligne de production doit cesser. Donc on rachète les vacances avec des primes. Alors quand on est rendu là ce n'est vraiment pas drôle. C'est qu'on est vraiment rendu au bout de ce qu'on peut faire», a déploré lundi Véronique Proulx, présidente de Manufacturiers et Exportateurs du Québec qui rencontrait des manufacturiers de la Mauricie.

Mme Proulx a notamment remarqué que des PME doivent actuellement laisser sur la table des contrats qu'elles ne pourront pas réaliser, faute de personnel suffisant. Ce sont ainsi plusieurs centaines de millions $ qui échappent à l'économie de la Mauricie.

Elle a également constaté que les entreprises doivent pratiquer «l'anti-marketing», c'est-à-dire délaisser volontairement des clients.

«Donc on parle d'entreprises qui pourraient doubler leur capacité de production; doubler leurs revenus», a-t-elle expliqué.

Parmi les solutions proposées figure l'assouplissement des règles en matière d'immigration temporaire via le déplafonnement des limites d'accueil en entreprise.

Le ministre du Travail, Jean Boulet, avait récemment semoncé Ottawa à cet effet et croit que son message a été entendu.

«J'anticipe assez rapidement de pouvoir annoncer des assouplissements au programme des travailleurs étrangers», a maintenant évoqué M. Boulet.