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Blâme contre la DPJ de l'Estrie: «Des excuses, désolée, mais c'est pas suffisant.»

Au lendemain du dévoilement de ce jugement accablant rendu contre la DPJ de l'Estrie par la juge Pascale Berardino, les réactions sont nombreuses.

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Rappelons que la DPJ de l'Estrie a une fois de plus été blâmée pour avoir tardé à s'occuper de deux enfants, placés en famille d'accueil. Ça s'est passé à nouveau à Granby.

Après le maire de la Ville hier, c'est au tour de l'avocate de la mère biologique de la fillette martyre, Me Valérie Assouline de s'insurger aujourd'hui. C'est que dans son jugement, la juge a ordonné au CIUSSS de l'Estrie-CHUS et à la DPJ de l'Estrie de présenter des excuses écrites aux jeunes et à leur famille.

L’avocate aurait préféré que les autorités soient tenues responsables.

«Désolée, mais ce n'est pas suffisant parce que les enfants doivent vivre avec les séquelles d'être restés deux ans dans un milieu inadéquat. Et là on leur dit: On s'excuse? Non, ça ne fonctionne plus. J'ai hâte d'entendre M. Carmant là-dessus. Il va falloir que le système devienne imputable», a-t-elle indiqué

Tout comme le CIUSSS de l'Estrie-CHUS hier, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a refusé de commenter le dossier.

Les excuses n'ont aucune portée juridique

Pour l'instant, difficile de savoir si le CIUSSS de l'Estrie-CHUS et la DPJ de l'Estrie se conformeront au jugement et adresseront leurs excuses aux enfants et à leur famille. Ils pourraient aussi décider de porter le jugement en appel.

Ce qui est certain c'est que s'ils s'excusaient, ce serait purement symbolique puisque s'excuser ne veut pas nécessairement dire admettre une faute selon l'avocat et analyste juridique Me François-David Bernier.

«Les excuses n'équivalent pas à des aveux. En 2020, le Code civil a établi que ce n'est pas parce qu'une institution s'excuse qu'elle va admettre ou avouer une responsabilité, une faute. Ce qu'on voulait, c'est que les institutions qui commettaient des erreurs puissent avoir la sympathie de s'excuser pour mettre un baume sur la plaie des victimes»